R -Z

 

raie

 

Des moineaux piaillaient autour des miettes du goûter. Et sur le gravier luisaient les papiers argentés qui enveloppent les rais de chocolat.

François Mauriac, L’enfant chargé de chaînes

 

J’sais bien que t’es gentil avec nous, que quand t’achètes des bonbons tu nous en donnes un de temps en temps et que tu nous laisses des fois lécher tes raies de chocolat et tes bouts de réglisse […].

Louis Pergaud, La Guerre des Boutons

 

On fit des propositions.

» — Du chocolat.

» Tout le monde était d’accord pour cet achat.

» — Comptons, fit La Crique. La tablette de dix raies coûte huit sous : il en faut à chacun un assez gros morceau : avec trois tablettes, trente raies, on en aura chacun plus d’une demie ; oui, reprit-il, après calcul, cela fera juste deux tiers de raie à chacun, c’est très bien.

Louis Pergaud, La Guerre des Boutons

reine de Saba

 

[…] la placide Sarah qui a seize ans des cheveux de cirage et des seins volumineux va de temps à autre prendre un gâteau sur le buffet et les coudes sur la table la joue appuyée contre sa main mastique mollement une grosse reine de Saba ce gâteau qu’elle déclare un peu vieux […].

Albert Cohen, Belle du Seigneur

religieuse au chocolat

 

 

On sortit les gâteaux ; il y avait […] une religieuse, un éclair au café et un éclair au chocolat, une autre religieuse (au chocolat, la première étant au café), une tarte aux fraises couverte et étouffée de chantilly et une construction multicolore indistincte de composition et de section […].

Jacques Roubaud, La Belle Hortense, 1985

rocher

 

[…] elle venait de sortir de son sac un rocher en chocolat et […], layant à moitié dégagé de son enveloppe de papier doré, avec précaution pour ne pas se salir les doigts, elle en avait laissé fondre dans la bouche le premier morceau..

Michel Cyprien, Le chocolat dApolli

rouleau

 

[…] réduisez cette mixtion en poudre très-fine, qui se met d’elle même en pâte ; passez le rouleau dessus peu à peu jusqu’à ce qu’elle soit si fine qu’elle ne croque pas sous les dents, alors l’on en forme des tablettes d’une once, ou des rouleaux d’un quarteron ou de demie livre.

Menon, La Science du Maître d’Hôtel…

 

“ Nous nous transportâmes, en conséquence, dit Dermoncourt, dans la maison Duguigny, où nous ne trouvâmes, suivant ce que nous avait dit la duchesse, que très peu de chose. Parmi les objets désignés dans la note, il devait y avoir une boîte remplie de bonbons, qu’effectivement nous rencontrâmes, mais vide. De retour de ma mission près de la duchesse, je lui en rendis compte, en lui faisant observer que j’avais bien trouvé la boîte, mais que les bonbons qu’elle contenait avaient disparu. ”

— Ah ! dit Madame, les bonbons ? Ce n’est pas étonnant : des bonbons se mangent.


— Quels sont ceux, reprit le général, que Madame préfère ? J’aurai l’avantage de lui en offrir.


— Des bonbons, si cela se mange, cela s’accepte aussi. J’aime le chocolat en rouleau avec des dragées dessus.


— Alors, Madame permet.. ?


— Certainement. 


Le général appela son secrétaire Rusconi, et lui transmit les désirs de la duchesse.


Une demi-heure après, Madame avait un plein panier de bonbons. 


À six heures et demie, on annonça le dîner ; Dermoncourt prit congé de la duchesse. 


— A demain, général, lui dit-elle avec une gaieté toute d’enfant, et n’oubliez pas d’autres bonbons surtout.

Alexandre Dumas, Mes Mémoires, CCLVI

S

 

sac

 

Hier, j’ai couru pendant six heures, dans tout Paris, à la recherche de bonbons et de joujoux; j’ai même acheté, chez l’un des confiseurs en renom, un bien beau sac d’or. J’ai demandé à une jeune servante en robe de soie, une livre de crottes de chocolat. Elle a souri doucement, et sans raillerie m’a répondu : “ nous avons des sacs à tous prix ”. J’ai désiré savoir quelle différence il y avait entre les sacs roses et les sacs bleus étagés sur une console. “ La qualité des crottes est la même, dit-elle, mais celles qui sont enfermées dans le sac rose ont mieux la forme. ”

Joris-Karl Huysmans, Bonjour Bon An*

 

 

* Dans L’Artiste, 6 janvier 1878.

 

À l’occasion des Pâques S. M. la Reine des Belges a offert en personne à chaque malade de l’hôpital Cabour un sac de chocolat en carton blanc, portant les armoiries en couleurs de la Belgique, avec les mots : « Pâques 1917 ». Ces sacs seront, un jour, recherchés.

Sous la direction de John Grand-Carteret, La musée et l’encyclopédie de la guerre…

 

Elles arrivaient donc chaque jour vers cinq heures, ensemble ou les unes sur les autres, chargées de boîtes de biscuits, de cartons de pâtisseries, de cornets de fondants, de sacs de chocolats et parfois suivies d’un marmiton porteur d’une corbeille de Delikatessen.

Louis Dumur, Le Boucher de Verdun

chocolat de santé

 

D’ici à quelques tems il est inutile, ma très chère, d’écrire à la personne qui vous a envoyé du chocolat d’essais pour mon mari. Quand nous en aurons besoin, nous vous en demanderons ; mais c’est du chocolat de santé qu’il nous faut, et celui dont vous prenés est trop fort, je vous assure. En tout (sic) cette double vanille est bien mauvaise pour les nerfs ; et sans y renoncer tout à fait, puisqu’une longue habitude vous y fait tenir, au moins mettez y quelqu’intervalle. Demandez à M. Fabre* si je n’ai pas raison. Moi, je suis pour la gourmandise comme pour tout : modération, et prudence.

Lettre de madame de Souza** à la comtesse d’Albany, 18 janvier 1811

 

* Il s’agit du peintre François-Xavier Fabre, avec lequel se lia la comtesse d’Albany, doublement veuve, à Florence.

** Écrivaine, Adélaïde de Souza, comtesse de Flahaut de la Billarderie par son premier mariage et épouse, en secondes noces, d’un aristocrate portugais, José Maria De Sousa, tint un salon réputé à Paris.

 

Donne-moi mon voile, mon mantelet... C’est bien, et maintenant apporte-moi mon chocolat de santé, et offres-en aussi à... cette dame.

George Sand, Pauline

 

Sa maison, du haut en bas, est placardée d’inscriptions écrites en anglaise, en ronde, en moulée : “ Eaux de Vichy, de Seltz et de Barèges, robs dépuratifs, médecine Raspail, racahout des Arabes, pastilles Darcet, pâte Regnault, bandages, bains, chocolats de santé, etc.

Gustave Flaubert, Madame Bovary

chocolat et la santé

 

Le Chocolat bien préparé, & pris avec le sirop de Vanilles à différentes heures du jour, & sur tout le soir en se mettant au lit, à la quantité de deux prises, suspend le mouvement immodéré de la matière du rhume & des fluxions de poitrine, émousse les parties salines & irritantes de la sérosité qui cause la toux, éteint les inflammations de la gorge et de la plèvre, & calme les différentes causes des insomnies.

Dictionnaire des Arts et des Sciences, 1694*

 

* Ce texte du dictionnaire est un « plagiat » de la prose de Nicolas de Blégny (1687).

 

Le dimanche 29, il [duc de Berry] retourna à Marly, après avoir pris trois ou quatre tasses de chocolat, pour arrêter, disoit-il, son dévoiement, parce que, depuis quelques années, l’expérience a fait voir que le chocolat est bon pour ce mal-là.

Saint-Simon, Mémoires

 

J’allai le voir un jour sous prétexte d’acheter de son alexipharmaque ; il me questionna sur la maladie que j’avais, ou que je croyais avoir : il s’aperçut que ce n’était que la curiosité qui m’avait attiré chez lui ; il me fit apporter une bonne tasse de chocolat, et il me dit que c’était le meilleur médicament qui pouvait convenir à mon état.

Carlo Goldoni, Mémoires

 

L’ordonnance a été remise à celui pour qui elle était destinée ; il a cru me devoir une visite, durant laquelle j’ai vu qu’il s’était livré à d’autres médecins, qui le traitaient avec du café, du chocolat bien vanillé, de l’équitation, etc. En sorte qu’un mieux apparent, qu’il croit être l’effet de ce nouveau régime, lui faisant négliger votre ordonnance, je me la suis fait rendre ; sans avoir la même maladie, elle me fera plus de bien qu’à lui.

Jean-Jacques Rousseau, Lettre au docteur Tronchin, 28 avril 1759

 

Du chocolat la liqueur échauffante

Allait porter dans son âme mourante

Cette chaleur, la mère des plaisirs,

De l’impuissance et de nos repentirs.

Quant tout-à-coup la liqueur trop sucrée.

Coulant trop tôt sur sa langue sacrée.

De son gosier froissa les deux parois :

Cet accident le fit tousser trois fois.

Abbé Dulaurens, Le Balai ou la bataille des nonnes, dans Le XVIIIe siècle galant et littéraire, 1888.

 

Le médecin s’étonna de trouver Alice si faible, et s’émerveilla des terribles effets de la migraine chez les femmes.

Vingt-quatre heures après, Alice était levée et prenait du chocolat au lait d’amandes dans son petit salon, avec son fils, qui la réjouissait de ses caresses […].

George Sand, Isidora

 

— Vous devez aller loin, dit Georges, car la femme de charge de votre maison vous a glissé des provisions comme pour un voyage d’outre-mer : du biscuit, du chocolat...

— Un pain particulier et du chocolat, oui, monsieur, reprit Oscar, pour mon estomac beaucoup trop délicat pour digérer les ratatouilles d’auberge.

Honoré de Balzac, Un début dans la vie, 1822

 

Quel problème que celui du déjeuner ! Ils quittèrent le café au lait, sur sa détestable réputation ; et ensuite le chocolat, – car c’est un amas de substances indigestes ; restait donc le thé. Mais les personnes nerveuses doivent se l’interdire complètement.

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet

 

Le 10 avril, nous marchions sur Varaggio ; une de nos charges venait de nous assurer quelques prisonniers, au nombre desquels se trouvait un jeune officier autrichien qui, lorsqu’il me fut amené, me dit : « Mon général, la journée est finie pour moi, mais elle commence pour vous, et elle pourra être longue. Permettez-moi donc de vous offrir des provisions, qui me sont inutiles et qui pourraient vous être nécessaires. » II me remit alors une tablette de chocolat et un citron. C’est en effet tout ce qu’il faut pour ne souffrir de toute une journée ni de la faim ni de la soif ; j’en fis si bien I’épreuve ce jour-là que je pris le parti de ne jamais remonter à cheval sans avoir dans ma poche une tablette et un citron, et souvent en guerre ce me fut d’un grand secours.

Mémoires du général baron Thiébault, 1799-1806

 

Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude

Romain Gary, La vie devant soi

sirop de cacao

 

Les phtisiques doivent s’abstenir de ce quinquina, à moins de lui associer le sirop de cacao, celui de gomme ou de karatas.

Étienne Descourtilz, Flore pittoresque et médicale des Antilles

soufflé au chocolat

 

[…] enfin comme rôt un cimier de chevreuil, et comme légumes des fonds d’artichaut à la jardinière, suivis d’un soufflé au chocolat et d’une sicilienne de fruits.

Émile Zola, Pot-bouille

 

24 avril. — Entre le soufflé au chocolat et la chartreuse, Maria desserre son corsage et commence ses mémoires.

Jules et Edmond de Goncourt, Journal, 1858

 

Quelques-uns des garçons qui servaient, lâchés entre les tables, fuyaient à toute vitesse, ayant sur leur paumes tendues un plat que cela semblait être le but de ce genre de courses de ne pas laisser choir. Et de fait, les soufflés au chocolat arrivaient à destination sans avoir été renversés, les pommes à l’anglaise, malgré le galop qui avait dû les secouer, rangées comme au départ autour de l’agneau de Pauilhac.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

sucre

 

De nombreux serviteurs parurent : ils portaient le chocolat, les pâtes de fruits et les petits pains de sucre de Malaga, blancs comme la neige, poreux et légers comme des éponges.

François de Chateaubriand, Le Dernier Abencérage

 

Monsieur, je voudrais bien avoir une tablette de chocolat. Duquel voulez-vous, mademoiselle ? Du chocolat fin. Le voulez-vous sucré ou sans sucre ? Sucré, s’il vous plaît. — Vous ne voulez rien autre chose ? nous avons de bien beaux jujubes, et de la pâte de guimauve excellente. Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est du sucre de pomme. Et ça ? Ce sont des pastilles de menthe ; en voulez-vous ? Non, donnez-moi seulement deux onze d’anis et quelques boulettes de sucre d’orge, avec un bâton de jus-de-réglisse. Combien vendez-vous les dragées la livre ? Les fines sont de trois francs. Oh, que c’est cher ! Et les pralines ? Elles sont du même prix. Donnez-moi quelques uns de ces bonbons rouges à devises.

A.-P. Lepage*, L’Écho de Paris, a selection of familiar phrases which a pupil would daily hear said around him, if he were living among french people

 

* Professeur de français à Londres. Cet ouvrage fut publié à Londres, par Effingham Wilson, 1833. xlii.

 

Nous devions être angéliques car nous nous régalions avec ce chocolat onctueux dans lequel on trempait des madeleines, des brioches, des pains au lait et un autre accompagnement qui était un petit cylindre incrusté de sucre cristallisé.

James de Coquet, Propos de table

Suisse

 

Debout sur la plate-forme avant du tramway, j’espérais profiter pleinement du trajet jusqu’à Vevey. Mais la vue n’est restée dégagée que jusqu’à une chocolaterie le long de la grande route. Sortie des usines... j’étais debout serré au milieu d’une foule d’ouvriers et d’ouvrières qui avaient ramené de l’usine une agréable et intense odeur de chocolat.

Walter Benjamin, Écrits autobiographiques

 

Un délicieux pain bis, dénommé pain KK. une purée de pomme de terre au sucre, un gâteau de maïs à la crème, du fromage de Hollande et des chocolats suisses complétaient un menu suffisant pour d’honnêtes appétits allemands et même pour un estomac comme le mien.

Louis Dumur, Le Boucher de Verdun

T

 

tablette

 

Ordinairement les tasses sont marquées par tablettes, mais la regle est dix tasses par livre ; vous prenez donc autant de tablettes que vous en voulez de tasses[…].

Menon, La Science du Maître d’Hôtel…

 

Elle ne fut pas longue à son expédition ; le commissionnaire s’en chargea et sortit du Couvent, après avoir fait un petit présent de quelques tablettes de chocolat à la bonne sœur qui avoit été si complaisante.

Claude Godard d’Aucourt, Thémidore ou Mon Histoire et celle de ma maîtresse

 

Je vous prierai donc, avant de me rembourser (chose qui ne presse pas) de m’envoyer deux livres de chocolat en tahlettes très justes de vanille et de canelle. Si vous pouviez me les faire plus grosses que cellui que vous m’avez envoyé, au cas que vous ne puissiez pas les faire en petit pains comme les modèles que je vous ai envoyé. Nous décompterons l’argent d’après le prix des tablettes de chocolat.

Comtesse d’Albany, lettre à Teresa Regoli Mocenni, 27 mars 1798

 

De temps en temps il [le marquis] tirait de la poche de sa veste une tablette de chocolat dont il cassait et mâchait un morceau, ses cheveux blancs n’empêchant pas qu’il eût toutes ses dents.

Victor Hugo, Quatrevingt-Treize

 

J’ai soupé en humant l’odeur des soupiraux d’où s’exhalaient les fumets de viandes et des volailles rôties des bonnes cuisines bourgeoises de Charleroi, puis en allant grignoter au clair de lune une tablette de chocolat fumacien […].

Lettre d’Arthur Rimbaud à Léon Billuart à Fumay (Ardennes), Charleroi, 8 octobre 1870

 

Là, ils se chauffent à la vapeur d’un ruisseau, coulant de l’eau chaude, dans la rue tumultueuse ; là ils font leurs repas, à ces éventaires de juifs, qui se promènent au milieu d’eux, et leur offrent des morceaux de pain, des tablettes de chocolat, de gros cornichons, et des sucres d’orge de toutes couleurs.

Edmond et Jules de Goncourt, Journal, 30 octobre 1870

 

Alors, ô fortune, Signeux m’envoya dix francs en timbres-poste, parce qu’on ne nous laissait pas d’argent ! Oh ! la première tablette de chocolat que j’ai pu acheter, que cela m’a paru bon !.

Edmond et Jules de Goncourt, Journal, 30 novembre 1871

 

Nous résolûmes, Fontanet et moi, de porter à la veuve Bargouiller la somme consacrée à l’infortune cachée, ou du moins ce qui restait de cette somme, car, à l’instigation de Fontanet, j’en tirais chaque jour quelque chose pour acheter des gâteaux et des tablettes de chocolat.

Anatole France, La vie en fleur

 

Un monsieur de Lyon qui se trouvait là, venant de Sisteron où il visitait les quincailleries pour y vendre des casseroles de fer battu, l’avait obligée, en lui donnant deux tablettes de chocolat et un petit flacon d’alcool de menthe.

Jean Giono, Le Hussard sur le toit

 

Je sais que le gros trafic se fait sur le vin en ce moment, il y a des échanges triangulaires vin - essence - cigarettes, mais cela est bien loin de nos possibilités, nous avions encore gagné un peu d’argent en septembre grâce à des tablettes de chocolat mais depuis les occasions étaient rares et la concurrence adulte nous réduisait à des expédients de plus en plus étriqués.

Joseph Joffo, Un sac de billes

 

À la récré, pendant que les autres jouaient, Alceste m’a tiré par le bras et il m’a demandé ce que j’allais faire avec mon argent. Je lui ai dit que je ne savais pas ; alors il m’a dit qu’avec les dix francs, je pourrais avoir des tas de tablettes de chocolat.

— Tu pourrais en acheter cinquante ! Cinquante tablettes, tu te rends compte ? m’a dit Alceste, vingt-cinq tablettes pour chacun !

Sempé et Goscinny, Joachim a des ennuis

 

— Je suppose que c’est ça qu’on appelle des tablettes de chocolat ! dit-elle sans se démonter, en promenant un doigt sur les abdominaux proéminents et bandés du grand Antillais.

Michel Cyprien, Le chocolat d’Apolline

tasse

 

À force de monter et de descendre, de passer des torrents sur des ponts de pierre sèche, nous arrivâmes enfin à Vergara, lieu de la dînée, avec une satisfaction intime, car nous n’avions plus souvenir de la jicara de chocolate avalée, moitié en dormant, à l’auberge d’Astigarraga.

Théophile Gautier, Voyage en Espagne

 

Et, je vous le demande, avec quoi déjeunait-elle, pauvre fille ? avec une de ces tasses de chocolat grandes comme un dé à coudre qui avaient fait le désespoir de nos estomacs lorsque nous étions entrés en Espagne. C’était humiliant pour nous, qu’ayant l’air de déjeuner avec nous, elle déjeunât, elle, avec une tasse de chocolat, tandis que nous déjeunions, nous, avec des côtelettes, des perdrix rouges de Ganbamond, et du vin de Montilla.

Alexandre Dumas, De Paris à Cadix

 

Ce projet arrêté, Andrès se leva, avala à la hâte une tasse de chocolat à l’eau, et se dirigea vers le Rastro, qui est comme le Temple de Madrid, l’endroit où l’on trouve tout, excepté une chose neuve.

Théophile Gautier, Militona

 

La reine, vaincue, lança un regard terrible à Gilbert, qui lui, de son côté, continuait à la regarder avec une fixité désespérante.

» Elle s’agita convulsivement et en se retournant, renversa le petit guéridon sur lequel on venait de lui servir son chocolat dans une tasse de Sèvres.

» Gilbert vit tomber la table, vit se briser la tasse, mais ne bougea point.

»
Le rouge monta au visage de Marie-Antoinette ; elle porta une main froide et humide à son front brûlant, et, prête à lever de nouveau les yeux sur Gilbert, elle n’osa.

Alexandre Dumas, Ange Pitou

 

pendant ce temps, joseph, sur un signe de cette dernière [consuelo], avait été chercher le chocolat qu’elle avait préparé elle-même pendant les courses de keller. il l’apporta, et, devinant les intentions de son amie, il le posa doucement sur le pupitre sans éveiller l’attention du maître, qui, au bout d’un instant, le prit machinalement, le versa dans la tasse, et l’avala avec un grand appétit. une seconde tasse fut apportée et avalée de même avec renfort de pain et de beurre […].

George Sand, Consuelo

 

Il [Édouard Jory] est enchanté de la vie. Il a fini par faire son trou comme chroniqueur et comme critique d’art, il collabore à des journaux très lus, gagne sept ou huit mille francs par an et, travaillé de sa ladrerie héréditaire, place déjà de l’argent chaque mois; les matins de grande largesse, il ne paye qu’une tasse de chocolat aux femmes dont il est très content. Tout en restant au fond le jouisseur sceptique, l’adorateur du succès quand même, il prend une importance bourgeoise et commence à rendre des arrêts.

Émile Zola, L’Œuvre

 

Celui-ci, après avoir avalé, sans se brûler les lèvres comme la veille, deux ou trois tasses de chocolat, parut retrouver une certaine énergie et supporter plus courageusement son affreuse destinée.

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, L’enchaînement des choses

 

[…] comme il était près de dix heures, je sonnai pour le chocolat qui fut bientôt monté par la trappe, servi dans de jolies petites tasses de porcelaine, avec des gâteaux et des confitures, auxquels les jeunes filles firent le plus grand honneur.

Edward Sellon, Amours secrètes d’un gentleman

 

De quoi vivait la vieille dame qui présidait à ce comptoir ? La province a de ces mystères. C’était une petite vieille à robe de soie noire élimée, bien propre avec une éternelle fanchon de dentelle sur sa coiffure en boucles, des boucles argentées mêlées de fils jaunissants et qui, l’étrange créature, trouvait le moyen, les belles journées de gelée, de servir à Mmes Gorgibus et de la Livadière, pour la somme de trente centimes la tasse, un chocolat, ma foi, parfumé, vanillé et fumant. Ces dames, avec mille simagrées, le buvaient à petites gorgées, complimentaient la boutiquière, se faisaient leurs confidences, et puis, après quelques bonne ma chère, mon cœur d’oiseau et tendre pigeon, payaient strictement, chacune, leurs six sous et se retiraient avec une révérence, que c’en était délicieux et touchant. 

Jean Lorrain, Madame Gorgibus

 

Le vieux valet de chambre, Aristide, apporta un plateau chargé d’une chocolatière, d’un sucrier, et de trois tasses à fleurs, en porcelaine fine de Limoges, qu’il posa sur une table d’acajou, avec des précautions extrêmes. […] Aristide apportait un guéridon devant chaque personne, et y déposait respectueusement une tasse remplie de chocolat mousseux et parfumé.

Gaspard de Weede, Révoltée*

 

* Dans La Revue Franco-Américaine, Québec, 2ème année, 1909.

 

On ne te dira pas non plus que ces misérables enfants qui te ressemblent si peu, ont été mis dans la rue par toi ou du moins pour toi et en ton nom, car tu étais leur Propriétaire, et que la jolie tasse où tu bois ton chocolat représente beaucoup plus que le prix de l’humble table de famille où ils prenaient les repas de chaque jour avec leurs parents quand tu n’avais pas fait vendre leur mobilier.

Léon Bloy, Le sang du pauvre

 

Le lendemain matin à neuf heures, son domestique entra avec une tasse de chocolat sur un plateau et tira les jalousies. Dorian dormait paisiblement sur le côté droit, la joue appuyée sur une main. On eût dit un adolescent fatigué par le jeu ou l’étude. […] Il se retourna, et s’appuyant sur son coude, se mit à boire à petits coups son chocolat. Le pâle soleil de novembre inondait la chambre.

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray

 

— J’ai avalé un sandwich au salon de thé, avec deux tasses de chocolat, et je suis allé chez Mendel. »

Carson Mc Cullers, Mademoiselle, 1955

 

elle le crut, bien qu’ils ne se missent à la longue table couverte de nappes de lin et de vaisselle d’argent que pour prendre une tasse de chocolat à l’eau avec un morceau de cassonade.

Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude

tasse (chocolat à la)

 

triage

 

Ceux qui veulent acquerir la reputation de livrer de belle marchandise se donnent le soin, avant que d’enfutailler leur Cacao, de trier, & de mettre à part, les grains trop petits, mal nourris, & plats, qui sont seulement moins beaux à la vûe, & rendent un peu moins en Chocolat.

De Quélus, Histoire Naturelle du Cacao et du Sucre

truffe

 

Arrivés à coire, nous eûmes du mal à trouver une place où garer la voiture. au salon de thé, il y avait foule. des zurichois pour la plupart, venus dans l’unique souci de gloutonner, et toute une ribambelle de gosses criards. pour. finir, nous trouvâmes une table quand même. la servante partait avec la commande, thé et pâtisserie, lorsque ma femme la rappela : « mademoiselle ! mademoiselle ! apportez-nous donc aussi deux cents grammes de truffes au chocolat !

Friedrich Dürrenmatt, la promesse

 

L’Œdipe surtout ne doit pas leur gâcher la dégustation de ce tartuffo découvert place Navone. Une truffe glacée, mais aussi supérieure à ce qu’on mange sous ce nom en France, déclare Ingres, que les trois syllabes charnues et fourrées du mot italien au sec monosyllabe français. […]

                […] Friedrich, au souvenir de ce qu’il a ressenti à Dresde, hoche la tête sans rien dire. Rome l’a sans doute rendu plus gourmand (comment nier que cette bouchée qui fond sur la langue exhale, à mesure qu’elle distille ses parfums, des arômes insoupçonnés prisonniers de la couche de chocolat), mais il n’a cédé que sur le terrain véniel des effusions sucrières.

Dominique Fernandez, L’Amour

 

Pour le moment, les truffes au chocolat, vite. On va vous manger, mes petites, leur dit-il. Excusez-moi, je vous avais oubliées. Il se regarde les mâcher dans la glace, les mâcher avec une petite joie. Mais lorsqu’il n’y a plus de truffes, le malheur est toujours là.

Albert Cohen, Belle du Seigneur

Turin

 

D’abord que le comte vint me donner le bonjour et me demander avec quoi je déjeunais, je lui ai dit que j’avais du chocolat de Turin pour toute sa famille ; il me dit que sa femme l’aimait, mais qu’elle ne le prenait que fait par sa femme de chambre. Je lui en ai d’abord donné six livres, le priant de les lui faire agréer, et de lui jurer que si elle voulait me le payer, je le garderais pour moi.

Casanova, Histoire de ma vie, VIII, 6

 

J’ai vu à la cour de Turin un ambassadeur qui ne prenait jamais son chocolat, que son maître d’hôtel qui l’apportait ne fût précédé de deux écuyers, et suivi de vingt valets de pied.

François-Antoine Chevrier, Le Colporteur

V

 

vanille

 

Les explications de M. Poulain étaient pour elle des idées de médecin. Elle voulait absolument, comme tous les gens du peuple, nourrir Pons, et pour l' empêcher de lui donner en cachette du jambon, une bonne omelette ou du chocolat à la vanille, il ne fallait rien moins que cette parole absolue du docteur Poulain […].

Honoré de Balzax, Le Cousin Pons

 

M. le duc de Richelieu était dans la chambre à coucher de son hôtel de Versailles, où il prenait son chocolat à la vanille, en compagnie de M. Rafté, lequel lui demandait ses comptes.

Alexandre Dumas, Joseph Balsamo

 

La marquise de Pompadour avait trente-trois ans environ lors des événements que ce récit met en scène. De l’aveu de tous, amis et ennemis, elle était fatiguée, amaigrie, perpétuellement inquiète. Son docteur, Quesnay, lui reprochait l’abus du chocolat à la vanille. Elle n’avait plus que l’éclat que donnent la toilette et le milieu.

Charles Monselet, Les frères Chantemesse

 

A peine le docteur était-il levé, savonné, rasé et lesté d’un petit pain au beurre trempé dans une tasse de chocolat à la vanille, qu’il descendait à son jardin.

Guy de Maupassant, Le Docteur Héraclius Gloss

 

— Peut-être, coupa Geneviève, mais c’était fort désagréable pour le chocolat du dimanche. On mélangeait là-dedans tous nos chocolats de marques différentes, et même la vanille de celles qui en avaient : c’était atroce.

André Maurois, Ni ange, ni bête

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