Cacao Barry

(France)

 

En 1842, l’Anglais Charles Barry, qui pratiquait jusque là le négoce de thé et de café, concrétisa sa passion du chocolat en effectuant un voyage en Afrique pour y sélectionner des fèves de cacao et conçut, à Londres, son premier chocolat destiné aux gourmets. C’est en 1920 que son entreprise, rebaptisée « Cacao Barry », s’établit en France, à Hardricourt, près de Meulan (Yvelines), où elle bâtit une usine ; elle en fit construire une deuxième à Louviers (Eure). En 1923, elle fut reprise par Alexandre Lacarré, qui, fidèle à l’esprit d’excellence insufflé par son fondateur, contribua à son expansion et son rayonnement. Àpartir de 1952, Cacao Barry fut présent sur les lieux de production, couvrit la totalité de la chaîne, de la fève de cacao au chocolat, et lança une gamme de produits réservés aux artisans chocolatiers. La création, en 1963, des bâtons boulangers initia l’apparition du populaire pain au chocolat. Dix ans plus tard, l’entreprise décidait d’apporter son assistance aux démonstrations effectuées par des professionnels.

            En 1982, l’entrée du groupe Sucres et Denrées dans son capital permit à la firme de lancer un vaste programme international d’investissements et de rationaliser ses méthodes de gestion par une présence plus active sur les marchés à terme du cacao. Celle-ci joua la carte de la décentralisation, avec, en Europe, la SICAO (Gênes, Italie), spécialisée dans les semi-produits, la poudre de cacao et la couverture haut de gamme, la firme Cacao Goemaere (Drongen, Belgique), qui, productrice de chocolat de couverture, constituait une force majeure sur le marché du Benelux, puis la société Bensdorp (Pays-Bas), réputée pour son cacao, qui la rejoignit en 1986. Elle était aussi très présente aux États-Unis, via deux unités de production — Barry Chocolate (Pennsauken, New-Jersey) [1] et U. S. Cocoa (Pennsauken, New-Jersey), premier producteur américain de poudre de cacao — et une filiale de négoce, Cacao Barry Merchants (New-York), chargée d’acheter, entre autres, pour le groupe, des produits d’origine sud-américaine. L’année 1987 vit la construction, à côté de sa première usine, à Meulan (Yvelines), d’une chocolaterie ultra-moderne. En 1992, le groupe franco-belge Société Centrale d’Investissement et Associés (S.C.I.A.) prit le contrôle de Cacao Barry, qui créa des unités de production au Royaume-Uni et en Pologne. En 1994 furent lancées les Origines de Cacao Barry. En 1996, consécutivement au rachat des parts de la S.C.I.A., un joint-venture avec le groupe suisse d’origine belge Callebaut donna naissance à Barry Callebaut. Enfin, en 2006, Cacao Barry se dota d’un nouveau logo.

               L’entreprise ouvrit très tôt ses premières usines de transformation en Afrique : au Cameroun (1952) et en Côte-d’Ivoire (1961) [2]. Entre 1992 et 1995, elle développa sa capacité de broyage en Afrique et sur le continent européen. En 1995, elle prit le contrôle total de ses filiales ivoiriennes Saco et Chocodi, en rachetant les intérêts minoritaires détenus par l’État, et, en 1996, Saco et Chocodi fusionnèrent sous l’appellation Saco.

(1) Cette unité fournit masse, beurre de cacao et couverture (sous différentes formes) aux grands chocolatiers et biscuitiers américains, ainsi qu’aux artisans régionaux.

 

(2) La S.I.C.C. (Société Industrielle Camerounaise des Cacaos)fut la première société de traitement des fèves de cacao à être créée dans un pays producteur. Cette implantation fut complétée par la Chococam (Chocolaterie-Confiserie Camerounaise), consacrée aux produits de confiserie et autres produits alimentaires pour le Cameroun et les pays voisins. Cacao Barry devait procéder de même en Côte-d’Ivoire, avec la SACO (Société Africaine de Cacao),spécialisée dans les semi-produits du cacao pour l’exportation (masse, beurre et tourteaux), et la Chocodi (Chocolaterie-Confiserie de Côte-d’Ivoire), chargée d’exporter de la couverture et d’approvisionner le marché local en produits chocolatés et de confiserie.

1971, coll. A. P.-R.

Aujourd’hui, la firme contrôle chaque étape, du choix des fèves à la fabrication de produits chocolatés exclusifs, à base de beurre de cacao 100 % — elle extrait son propre beurre de cacao. Au sein de sa gamme : les chocolats de couverture de Plantation, qui proviennent de Tanzanie, Cuba, Saint-Domingue, etc. ; les chocolats, noirs et au lait ; le praliné à 50 % aux noisettes (Valence, Piémont) ; les produits semi-finis (poudres de cacao, brunes et rouges, beurre de cacao, masse de cacao). Quant aux produits dits « services », mis au point pour faciliter le travail des professionnels, ils comportent : les moules pour les créations festives ; le Pailleté Feuilletine (1989), créé à l’intention des pâtissiers, pour la confection, notamment, du « Royal au chocolat » ; les Pistoles (1990), faciles à quantifier et à faire fondre ; le Mycryo (2003), beurre de cacao en poudre, cristallisé de façon à faciliter le tempérage — il intervient à raison de 10 g pour 1 kg de couverture de chocolat.

Cacao Barry soutient les professionnels à travers : la Chocolaté Academy, école de formation qui, à Hardricourt (Meulan) et en régions, dispense des cours pratiques et théoriques ; le Club des Ambassadeurs, créé en 2002, réunissant les meilleurs professionels du chocolat et ayant pour objectif de transmettre leur savoir-faire et leurs techniques aux autres artisans et chefs du monde entier, afin de soutenir le développement de nouveaux concepts — il compte des membres dans de nombreux pays — ; le concours World Chocolate Masters, ouvert aux chocolatiers du monde entier.

La publicité

 

Jacques Bellenger (1909-1985), ca 1950.

La publicité papier

 

Coll. A. P.-R.

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