De bons mots…

 

 

« Un des plaisirs des Dames Espagnoles, ajoûta-t-il, c'est de se donner tour à tour du Chocolat. Un jour se rencontrant cinq ou six ensemble, elles trouvèrent le Chocolat si bon, que l'une de la compagnie dit qu'elle voudroit bien qu'il y eust du péché à en prendre, afin qu'elle le trouvast plus excellent. »

Charles Cotolendi

Arliquiniana*

 

* Arliquiniana ou les Bons mots, les histoires plaisantes et agréables. Recueillies des conversations d'Arlequin. Seconde Edition augmentée. À Lyon, chez Jacques Guerrier, 1694.

 

 

« Après Pâques, un de mes Amis acheta, dans l'Apoticairerie du College Romain une certaine quantité de Chocolat. La devise du Nom de Jesus étoit gravée sur tous les paquets. On dit que c'est pour distinguer les marchandises des Jésuites de toutes les autres ; pour moi j'imagine plutôt que c'est pour faire prendre le Chocolat dévotement. »

Supplément aux Réflexions d'un Portugais…*

 

Supplément aux Réflexions d'un Portugais sur le Mémorial présenté par le P. Général des Jésuites à notre Saint Père le Pape Clément XIII, ou Réponse de l'Ami de Rome à son Ami de Lisbonne, Gênes, 1759. Claude-Pierre Goujet (1697-1767), traducteur.

 

 

« Le chocolat a paffé pendant quelque tems pour ranimer la vigueur endormie de nos petits-maîtres vieillis avant l'âge ; mais on aurait beau prendre vingt tasses de chocolat, on n'en inspirera pas plus de goût pour sa personne.

Ut ameris, amabilis esto.

Pour être aimé, soyez aimable. »

Voltaire

Questions sur l'Encyclopédie, par des amateurs,

cinquième partie, Genève, 1771.

 

 

« Pour terminer ce grand procès de la vanité, il faudra un jour que tout le monde soit monseigneur dans la nation ; comme toutes les femmes, qui étaient autrefois mademoiselle, sont actuellement madame. Lorsqu'en Espagne un mendiant rencontre un autre gueux il lui dit, “ Seigneur, votre courtoisie a-t-elle pris son chocolat ? ” Cette manière polie de s'exprimer élève l'ame, & conserve la dignité la dignité de l'espèce. »

Voltaire, Questions sur l'Encyclopédie, par des amateurs,

Troisième partie, Genève, 1770.

 

 

« Madame de Girardin* prétendait que la plupart des gazetiers faisaient rimer (assez pauvrement) orgieavec nappe rougie, et elle les montrait repus, ivres, vautrés sur des divans et dissipant leur pensée avec la fumée de leur pipe et l'odeur de leur alcool. Jules Janin ne répondit même point par un article à cette attaque un peu exagérée. Il se contentait, chaque matin, en demandant son bol de chocolat, de dire en riant : — Qu'on m'apporte ma tasse d'orgie! »

Jules Claretie

La vie à Paris 1882**

* Dans son École des Journalistes.

** La vie à Paris, année 3, préface, Paris, Victor Havard, 1882.