Omnia

(France)

 

Cette chocolaterie est à l’origine du groupe alsacien Salpa (Société alsacienne de participations agroalimentaires).

Issu d’une ancienne famille alsacienne de Dambach-la-Ville réfugiée en Suisse et réputée pour ses manufactures de tabac, en Suisse et à Sainte-Croix-aux-Mines (créée en 1872 et fermée en 1950), Fernand Burrus (1884-1955) remplaça son frère aîné, Maurice, le temps du séjour de celui-ci aux États-Unis, à la tête de la manufacture alsacienne de tabacs et cigarettes familiale F. J. Burrus. Puis il s’installa à Blâmont (Meurthe-et-Moselle) en 1911 et monta, dans la partie française d’Avricourt (Moselle), sa propre fabrique de tabacs, appelée à une rapide réussite. Ce qui lui permit de créer, parallèlement, en 1913, une chocolaterie à Blâmont, où il produisait du chocolat « fabriqué d’après les procédés suisses », sous les marques OmniaFiat et Montbla. Mais la Grande Guerre vint dévaster ses entreprises lorraines. L’industriel tenta aussitôt de rebondir ou ouvrant, en 1916, une chocolaterie à Dijon (67, rue Chabot-Charny), ce qui lui fut bénéfique, car, le conflit achevé, il n’eut pas droit aux réparations pour pertes de guerre, en raison de sa nationalité suisse. Ses marques Montbla et Omnia trouvèrent leur clientèle en Côte-d’Or. Mais, à la fin des années 1910, il revendit l’affaire, pour s’établir dans les Vosges, à Senones, où il prit les rênes de la manufacture textile dont un de ses beaux-frères, blessé de guerre, ne pouvait plus assurer la charge. Il n’en créa pas moins une nouvelle chocolaterie à Saint-Dié, immatriculée en 1920 et baptisée Chocolats Omnia - F. Burrus. Celle-ci produisait des articles (tablettes, bouchées crème, bâtons pralinés, cacao en poudre, etc.) se réclamant de la qualité suisse. Aux marques antérieures Montbla et Omnia se substituèrent, le 10 août 1927, les marques déposées Montblatine et Omniatine. Le chocolatier commercialisait aussi du café, du thé et des pâtes alimentaires. Pour développer son affaire, en entrepreneur éclairé, il ouvrit dans la région vosgienne plusieurs magasins destinés à la vente directe. La période de la Seconde guerre mondiale fut faite de turbulences, de réquisitions, de rationnements, une époque d’autant plus difficile que Fernand Burrus, qui se trouvait à Lyon, ne pouvait regagner Saint-Dié. Appelé à la chocolaterie en 1943, son fils, Paul, à peine âgé de 23 ans, allait relever après la guerre la fabrique restée en assez bon état, en dépit des bombardements, mais dont il fallait remettre en marche un matériel fortement endommagé. L’important héritage de son oncle, Maurice, devait lui permettre de s’équiper de machines modernes, de s’adapter aux nouvelles exigences de la gourmandise et de s’implanter solidement face à une évolution qui engloutissait petites et moyennes chocolateries. Omnia obtint de devenir un des fournisseurs de Coop, la grande distribution avant l’heure.

L’expansion de l’entreprise connut une avancée importante avec l’acquisition, en 1967, de la prestigieuse chocolaterie Schaal (voir ce nom), de Strasbourg. La chocolaterie de Saint-Dié fut revendue. Et, à partir de 1969, Paul Burrus porta tout son intérêt à ses affaires strasbourgeoises. L’usine Schaal quitta le quartier central de Finkwiller pour des installations ultra-modernes construites à Geipolsheim, à la périphérie de la ville. Une stratégie de croissance se mit en place, avec, notamment, la reprise, en 1973, de la Marquise de Sévigné et de Salavin, dont la fabrication fut alors délocalisée à Strasbourg. En 1997, le fils de Paul Burrus, Jean-Paul, qui était entré dans l’entreprise en 1981 et en avait pris quelques années plus tard la direction générale, puis la présidence, créa la holding Salpa, tout en innovant dans les divers secteurs (cafés, thés, chocolats) qui la composent. Le secteur chocolat couvre aujourd’hui les marques Marquise de Sévigné, Saladin*, Sichoco** et Côte de France***, ainsi que le musée Secrets du Chocolat, à Geipolsheim.

 

* Chocolaterie créée par un certain Salavin en 1873, à Paris.

 

** Cette société par actions simplifiée gère la marque Abanico, chocolat artisanal haut de gamme, créée par Victoire Finaz.

 

*** Chocolaterie créée en 1936 à Paris.

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