Hueso

(Espagne)

 

Sans doute José María Hueso dut-il à son enfance parmi les sacs de cacao et de sucre du commerce de son père, et aux livraisons dont il fut chargé, adolescent, et qui lui permirent de visiter des ateliers de chocolaterie, d’être irrésistiblement attiré par ce métier. Extrêmement pénible, la fabrication se faisait « à bras », sur la pierre. Le jeune Aragonais s’informa sur divers procédés récemment inventés et décida de créer une fabrique à grande échelle*, équipée de façon innovante. Ce fut La Fama de Aragón, établie en 1862 dans une ancienne fabrique de farines, à Ateca (province de Saragosse) et qui, plus tard, allait être rebaptisée Chocolates Hueso. L’usine, hydraulique,était dotée de machines mises au point par le Français Georges Hermann. Elle produisait plusieurs variétés de chocolats — à la cannelle, homéopathique sans cannelle, à la vanille, etc. — et des chocolats de formes variées (fleurs, étoiles, lettres de l’alphabet, etc.). Dans son ouvrage Memoria sobre el chocolate, écrit à l’occasion de l’Exposición Aragonesa de 1885 et dans lequel il traite des matières premières utilisées pour la fabrication du chocolat (cacao, sucre et cannelle), José María Hueso considère que « El chocolate es una bebida divina, un manjar celestial importado por los ángeles de España del Olimpo mejicano, mejorado y propagado por los españoles en toda la Europa. » /« Le chocolat est une boisson divine, une manne céleste importée de l’Olympe mexicain par les anges de l’Espagne, améliorée par les Espagnols et répandue par eux dans toute l’Europe. » La chocolaterie d’Ateca devint florissante. Elle fut, en 1900, promue fournisseur de la maison royale. Son premier produit phare, appelé Ambrosias-Praline de chocolate, eut pouremblème une enfant d’une tribu africaine, portant un chapeau garni d’un os et vêtu d’un pantalon en peau de léopard — l’enfant s’exclamait eso…eso…chocolates hueso !

La firme devait être reprise, en 1955, par Francisco Unzurrunzaga Loinaz, qui la développa et élargit ses exportations à de nouveaux pays comme l’Arabie Saoudite ou le Japon. La petite barre Huesitos (litt. « petits os », dimin. de Hueso), lancée en 1976, devint vite populaire ; elle marie gaufrette et crème de chocolat sous un enrobage de chocolat, noir ou blanc.En 1989, la firme fut vendue à la multinationale britannique Cadbury Schweppes. Ainsi se retrouva-t-elle en 2010 au sein du géant américain Kraft Foods, qui, restructuré, la mit sous le contrôle de Mondelez International. En 2013, il fut décidé de fermer le site d’Ateca et de transférer la production en Pologne.

 

* À partir du milieu du XIXe siècle, l’Aragón connut plusieurs autres pionniers de la chocolaterie industrielle : Chocolates Orús, Lacasa y Zorraquino à Saragosse, Chocolates Muñoz à la Plaza del Torico de Teruel. Parmi les autres grandes fabriques : Matías López et La Colonial à Madrid, Alsina à Barcelone, ainsi que La Estrella, Guiral, Abeger Valera, Lozano Ascaso et La Colonial de Aragón à Saragosse.

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Le premier produit phare lancé par l’entreprise était appelé Ambrosias-Praline de chocolaté. Son emblème : une enfant d’une tribu africaine, portant un chapeau garni d’un os et vêtu d’un pantalon en peau de léopard, et l’enfant s’exclamait eso… eso… chocolates hueso !

Cette chocolaterie édita des chromos sur le thème Héroes legendarios, réunis en un album très recherché des collectionneurs. Ses images consacrées au cyclisme rappellent que l’entreprise parraina de 1983 à 1985 la grande course cycliste espagnole, Vuelta Ciclista, et qu’elle eut même sa propre équipe.

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