Chocolaterie Menier

(France)

Un capitaine d'industrie sans égal

 

L’histoire de la chocolaterie Menier se confond en grande partie avec celle de la chocolaterie industrielle dans l’hexagone. Tout commença avec le magasin-fabrique de droguerie que Jean-Antoine-Brutus Menier (Bourgueil, 1795 - Paris, 1853), préparateur en produits pharmaceutiquescréa à Paris, dans le Marais, grâce à la dot substantielle que Marie-Edmée-Virginie Pichon apporta à leur mariage. Son but : garantir aux pharmaciens, éloignés des lieux de cueillette et se trouvant, de ce fait, dans l’impossibilité de vérifier la pureté des poudres, la qualité et l’homogénéité des drogues dont il se proposait de mécaniser la fabrication. Il débuta modestement en fabriquant des farines de lin et de moutarde, puis il produisit quantité de poudres médicinales impalpables, le chocolat n’étant encore qu’un « faire-valoir gustatif », mélangé à d’autres substances.

A la Grappe d'Or, 37 rue des Lombards.

Autochrome d'Auguste Léon, 21 avril 1928.

Musée Albert Kahn.

C'est là qu'en 1830, la Maison Menier et Cie installa son siège parisien.

Jean-Antoine-Brutus Menier.

Après deux années d’études (1811-1813) à l’apothicairerie du Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe), où il apprit à préparer des spécialités pharmaceutiques, il entra en 1813 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, où, pendant un an, sous la férule de pharmaciens militaires, il fut amené à préparer des substances pharmaceutiques. Renvoyé dans ses foyers avec la chute de l’Empire et le retour des Bourbons, il se tourna alors vers la droguerie. Pour répondre aux reproches qui lui furent faits de ne pas détenir le diplôme de pharmacien, il allait suivre tardivement le cursus qui lui faisait défaut, passer le diplôme à la fin des années 1830 et faire son entrée à la Société de Pharmacie en 1842. « Gérant d’une entreprise qui touche si intimement à la pharmacie, j’ai cru qu’il étoit de mon devoir de conquérir le titre de pharmacien : il falloit recommencer des études que j’avois abandonnées depuis vingt-cinq ans, suivre des cours et subir des examens qu’on n’affronte pas volontiers à mon âge. Je n’ai point reculé devant cette tâche pénible et si difficile à concilier avec mes occupations commerciales. […] / On a dit que je cherchois à devenir membre de la Société de Pharmacie de Paris pour me servir de ce titre honorable en le faisant figurer sur les affiches et annonces de mon chocolat, seule publicité que j’aie jamais faite. Je déclare que je n’ai jamais eu cette intention. […] Je n’ai d’autre but que de faire partie de ce corps honorable. » (Lettre du 31 décembre 1841, Archives de l’École de Pharmacie de Paris, citée par Eugène Guitard.)

Le rapport « fait au Jury central, par M. le vicomte Héricart de Thury, au nom de la Commission des machines, sur les instrumens aratoires et d'économie rurale ou domestique présentés à l'exposition des produits de l'industrie française de 1834 » détaille les différentes médailles accordées aux instruments présentés. Au sein du secteur des « machines à écraser, moudre, pulvériser, féculiser, etc. » figure la médaille d'argent décernée à MM. Ménier et compagnie, rue des Lombards, n°37.

« M. Ménier a présenté une nombreuse collection des produits de ses machines à pulvériser les substances alimentaires, pharmaceutiques et autres, à l'usage des arts et manufactures.

Il est impossible de voir des produits plus exactement divisés et pulvérisés que le sont ceux de M. Ménier ; il semble qu'ils sont réduits à leurs atomes ou principes constituans. Nous avons surtout été frappés de l'extrême ténuité de certaines substances regardées jusqu'à ce jour comme les plus difficiles à pulvériser ou les plus réfractaires. Il nous paraît impossible, nous le répétons, de porter plus loin la division mécanique.

Les machines de M. Ménier consistent en appareils de meules verticales de grès, de bassines de fonte, de pilons, de bocards, tamisoirs, etc., mis en mouvement par une roue placée sur un bras de la Marne, à Noisiel. La force de cette roue est évaluée à trente-deux chevaux. Ces appareils sont disposés de manière qu'au premier étage de l'usine sont les moulins et les différentes pileries, dont l'effet est de donner plus de deux mille coups par minute, avec une énergie estimée sept fois plus grande que celle du travail à bras ; au deuxième étage sont les moulins à gruer l'avoine et perler l'orge, un moulin à blé, des tamisoirs, des moulins à drogues, un jeu de cylindres pour écraser les graines oléagineuses, et au troisième étage, les appareils à chocolat composés de cônes liés par leur sommet et conduits circulairement sur un plan horizontal, où ils élaborent un résultat d'environ 350 à 400 kilogrammes de chocolat de diverses qualités par jour.

D'après l'importance de l'établissement de M. Ménier et la supériorité de ses produits, nous comptions demander une médaille d'or pour lui. C'est à regret que nous nous voyons réduits à ne demander en sa faveur qu'une médaille d'argent. »

Annales de l'Agriculture Française…, n°86, août 1834

Les manques de place et d’énergie se firent bientôt ressentir ; l’atelier de pulvérisation, qui avait d’abord fonctionné avec un simple moulin à bras, utilisa ensuite un manège à chevaux dont le nombre atteignit la vingtaine, lorsque Jean-Antoine Brutus s’installa rue du Puits-du-Marais (auj. rue Aubriot), en 1819. Menier et son associé d’alors, Théodore Richer, louèrent donc un moulin à roue pendante (1), sis sur un bras de la Marne (2), sur la commune de Noisiel (Seine-et-Marne). Lequel moulin avait fait partie sous Louis VII du domaine de la couronne et n’avait servi, jusqu’à cette année 1824, qu’à la mouture du blé — ses propriétaires avaient interrompu son activité deux ans plus tôt. Il fut loué pour quinze ans, avec trois hectares de terres. Ce site présentait, pour Menier, un triple avantage : l’énergie hydraulique, la proximité de Paris et une position hors de la zone d’octroi. Alors que le magasin parisien bénéficia d’aménagements plus propices à la vente et à l’expédition, puis que, en 1830, le nouveau siège parisien de la Maison Menier et Cie, Pharmaciens-Droguistes fut inauguré au 37 de la rue des Lombards, au cœur du quartier des droguistes et des confiseurs, l’usine de Noisiel permit d’améliorer les opérations de pulvérisation, mais aussi d’ouvrir la petite entreprise à deux autres secteurs, la fabrication d’orge perlée et de gruaux d’avoine, d’une part, et la confection de chocolat, d’autre part. L’agencement judicieux des locaux pour assurer les trois productions (3) et la mise en place d’une mécanisation performante, autorisant une main-d’œuvre réduite, firent bientôt du site « un établissement unique en son genre ». En témoignent les observations d’Amédée Durand en 1832 (4) : « Une usine aussi importante se trouve renfermée dans le simple et ancien bâtiment d’un moulin à roue pendante. Là on ne voit aucune de ces constructions symétriques qui attestent plus la haute prétention que la puissance de fondation des entreprises et dont les fruits en ont malheureusement énervé ou ruiné un si grand nombre dès leur naissance. C’est ainsi que, dès le début de leur examen, vos commissaires voient s’annoncer le principe hors duquel il ne peut y avoir de succès en industrie : puissance d’action et simplicité de moyens. » Il est vrai que, pour la partie technique, Menier s’était assuré la collaboration d’un expert réputé, Henri-Pierre-François Antiq (5), et que celle-ci allait durer pendant un quart de siècle environ.

(1) Moulin exploitable presque toute l’année, car la roue peut, par l’intermédiaire de vérins, monter ou descendre suivant le niveau du cours d’eau.

(2) À Noisiel, la rivière se divise en deux bras de largeur différente. Le port et le moulin sont établis sur le bras gauche, dit « bras dormant ».

(3) D’après le rapport fait en 1832 (séance du 27 juin) à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale sur l’établissement de MM. Menier et Cie à Noisiel-sur-Marne, suite à une visite effectuée, à la demande de Menier lui-même, par une délégation constituée de spécialistes de mécanique, de chimie et d’économie : au premier étage se trouvaient à la fois une série de six appareils à piler pour les drogues et, dans un cabinet séparé, une pilerie pour la confection des chocolats communs ; le deuxième étage abritait plusieurs moulins dont deux pour l’orge perlée et le gruau d’avoine ; le troisième étage était réservé à une étuve pour le séchage des sucres et à deux « appareils à chocolat » produisant 350 kg par jour.

(4) Amédée Durand conduisit la délégation d’experts — voir note ci-dessus.

(5) Mécanicien-fontainier, il se fit connaître en installant des machines dans diverses firmes industrielles et fut récompensé par une médaille de bronze lors de l’exposition de 1827.

Au départ, la transformation de cette construction « rurale » en fabrique se limita au strict nécessaire, dans le plus grand respect de l’environnement. Mais la croissance de la société, connue sous le nom de Maison Centrale de Droguerie, et l’essor de sa notoriété, générée, notamment, par les récompenses obtenues lors des expositions nationales de 1834 et 1839, entraînèrent l’édification, en ce lieu, d’un véritable site industriel. D’autant que la constitution d’une nouvelle société en commandite (1834) autorisa des investissements considérables, dont le point de départ fut l’achat du moulin et des terres peu avant la fin du bail. Effectuée en 1842 par un artisan charpentier de Chelles, sous la férule d’Antiq, la reconstruction du moulin s’accompagna de perfectionnements, notamment pour la chocolaterie, et par l’utilisation de la vapeur pour mode de chauffage. Le personnel demeurait peu nombreux (13 ouvriers en 1841, 17 en 1846), désormais placé sous le contrôle d’un directeur, tandis que Menier gérait l’affaire de son bureau de la rue des Lombards. Grâce à un outil industriel efficace et à une stratégie commerciale dynamique, celui-ci joua un rôle capital dans le commerce de la droguerie. Sur des terrains acquis en 1848, au 37 de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, il confia à l’architecte Bonneau la construction d’un nouveau siège parisien. C’est à ce même architecte qu’allait revenir la tache d’édifier, sur une parcelle proche de l’usine, récemment acquise, un « petit château » destiné à la famille Menier, ainsi que d’agrandir l’usine, en 1852 — ces travaux s’accompagnèrent d’améliorations techniques (notamment, deux turbines-hélice à axe horizontal et une machine à vapeur). Sans doute ces réalisations effectuées à Noisiel furent-elles initiées par le fils du fondateur, Émile-Justin (1826-1881).

Ci-dessus : le moulin du duc de Lévis, à Noisiel, en 1825.

Le domaine de Noisiel fut acheté en 1777 par Gabriel Michel, trésorier de l'artillerie, riche armateur nantais et co-directeur de la Compagnie des Indes. Sa fille Gabrielle Augustine, mariée en 1762 au chevalier François Gaston de Lévis, en hérita au décès ses parents.

Ci-contre : l'implantation du moulin sur la Marne.

Ci-dessous : Kuweseig, le moulin en 1825 (à gauche) et en 1842 (à droite), Musée d'Art et d'Histoire de Melun.

En effet, au cours des années 1840, sous l’influence de l’âge et de la maladie, Jean-Antoine-Brutus Menier céda peu à peu ses responsabilités à son fils, qui lui succéda officiellement en 1852, un an avant sa mort, d’une attaque de paralysie, dans sa maison de la rue Singer, à Passy (Paris). Marié à la fille d’un important commanditaire (6), Émile-Justin Menier avait fait des études de pharmacie et était bien introduit dans les milieux scientifiques ; il était, de plus, imprégné de la doctrine sociale du comte de Saint-Simon (1750-1825). Ses débuts à la tête de l’entreprise furent marqués par la nécessité de faire face à son principal concurrent, la Pharmacie Centrale des Pharmaciens, que venait de fonder François-Laurent-Marie Dorvault (7) et dont le succès était fulgurant. Pour des raisons sanitaires, il transféra les secteurs pharmaceutique et chimique à Saint-Denis, dans une usine modèle construite par l’architecte Jules Saulnier en 1861, et engagea comme chimiste-consultant Marcelin Berthelot, titulaire de la chaire de chimie organique à l’École de Pharmacie. C’est là que, en 1866, Jean-Paul Rigollot inventa les sinapismes à la moutarde. Néanmoins, Émile-Justin Menier ne parvint pas à reconquérir le terrain perdu et choisit d’abandonner ce domaine à Dorvault, auquel il revendit son entreprise (8)Aussi à partir de 1867, concentra-t-il l’activité de son entreprise sur le chocolat, à la fabrication duquel le site de Noisiel fut désormais tout entier consacré.

(6) Morte en 1895.

(7) Lequel reconnaissait sans acrimonie la qualité des produits Menier. À la suite de l’Exposition universelle de 1851, qui avait rapporté à la firme Menier une Prize Medal, il avait écrit : « M. Menier a fondé à Noisiel-sur-Marne, il y a déjà de longues années, une usine hydraulique pour la pulvérisation de substances médicinales qui n’a point d’analogue en Europe, et par son importance et par la perfection des produits qui en sortent » (Voyage Pharmaceutique à l’Exposition Universelle de Londres).

(8) « Le 25 septembre 1867, la Pharmacie Centrale de France […] acquit de MM. Ménier, père et fils, leur grand établissement de droguerie, composé d'une Maison de Commerce située rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n°37 et d'une vaste Usine modèle à Saint-Denis, avenue de Paris n°379, et prit désormais le titre de Pharmacie Centrale de France et Maison de Droguerie Ménier.» [Charles Sellier, La Pharmacie Centrale de France (Pharmacie Centrale des Pharmaciens), Paris, 1903.]

Emile-Justin Menier, phot. atelier Nadar.

« […] sauf une tasse de café rapidement absorbée à 3 heures du matin et quelques tiges de vigne mâchées de temps à autre, je n'avais rien mangé depuis la veille. Bref, j'ai faim, et les charretées de pain qui, par les soins de l'intendance, pourrissaient en deçà et au delà du Mont-Cenis, eussent été bien accueillies par le régiment tout entier. Ce problème me semble d'une solution difficile, quand je viens à penser, ô bonheur ! qu'au départ de Fontainebleau, le 28 avril, deux mois auparavant, afin de parer à quelques-unes des éventualités de la campagne, j'avais fourré dans le fond de ma grande sacoche, avec des bandes roulées et du diachylum, des tablettes de l'excellent chocolat Menier.

Alternativement desséchées par le soleil, réduites en pâte par les pluies orageuses, elles avaient résisté à toutes les épreuves, et résistent encore aux attaques vigoureuses d'un appétit excité par la faim administrative, l'une des faims les plus désagréables qui puissent affecter le soldat en campagne. Je profite du répit pour croquer l'une des tablettes, en recommandant gratis le chocolat Menier aux générations futures, civiles et militaires, et à celles qui ne sont ni civiles ni militaires, MM. les fonctionnaires de l'intendance, par exemple. »

Journal de la campagne d'Italie — 1859 — par le comte d'Hérisson

[Maurice d'Irisson, comte d'Hérisson (1839-1893), Paris, Paul Ollendorff, 1889.]

L’essor fut rapide. Le chocolat Menier bénéficia d’un marché en pleine expansion, sur lequel Émile-Justin commença à bâtir l’« empire » familial. À l’époque, le « chocolat de santé » dominait encore le secteur. Avoir recours aux procédés mécaniques les plus modernes, mettre en œuvre les nouvelles méthodes de réfrigération permettant de fabriquer du chocolat tout au long de l’année, s’approvisionner sur les lieux de production et, par là, éviter les intermédiaires, afin d’intégrer le chocolat aux produits alimentaires de base et de le mettre à la portée de toutes les bourses, telle fut sa politique.

Menier affréta une flotte marchande et ouvrit un réseau de comptoirs commerciaux (Brésil, Mexique, etc.) pour assurer son approvisionnement en divers cacaos (Caraque, Guayaquil, Soconuzco, etc.). Il se porta acquéreur de plantations au Nicaragua — en 1862, Valle-Menier (1 500 ha), entre Nandaïme et Rivas, et, en 1865, San Emilio (6 000 ha), à Tortugas, sur les bords d’un lac, à une vingtaine de kilomètres de l’océan Pacifique —, sur lesquelles il devait pratiquer une culture cacaoyère rigoureuse et intensive, destinée à approvisionner en fèves ses ateliers d’Europe. Il procéda à l’établissement d’une usine à Londres en 1870, à la construction d’un entrepôt à New York, à l’ouverture d’un nouveau siège parisien, à la mise en service d’une sucrerie Menier à Roye (Somme), et, enfin, aux participations prises dans les sucreries de Villenoy-les-Meaux et Lizy-sur-Ourcq, en Seine-et-Marne.

Le Valle-Ménier, au Nicaragua, gravure extraite de l'ouvrage de Tursan Les Grandes Usines, 1867. Coll. A. P.-R.

Si la fabrique de Noisiel produisait 396 059 kg en 1850, cette production devait passer à 688 000 kg en 1854, puis à 3 846 648 kg en 1869, à 8 098 715 kg en 1877, à 12 millions de kilogrammes en 1885 et à quelque 16 millions de kilogrammes à la fin du XIXsiècle!

Usine de Noisiel en 1855, gravure extraite du Catalogue des Prix, 1860. 

Lith. Lender, rue de la Fontaine-Molière, 41 (Paris), 1856.

Usine de Noisiel, gravure extraite de l'ouvrage de Tursan Les Grandes Usines, 1867. Coll. A. P.-R.

Toutefois, l’usine hydraulique Menier, « en pan-de-bois, hourdé et enduit de plâtre », avait vieilli rapidement et s’avérait insuffisante pour une production industrielle exigeant de lourdes machines. Jules Saulnier fut donc chargé de la reconstruire, sans que la fabrication fût pour autant interrompue. Cette reconstruction se fit par étapes, à partir de 1860. De 1864 à 1866 furent érigées les grandes structures. En 1871-1872, le premier moulin fut remplacé par le premier édifice industriel à façade métallique porteuse en France. L’ossature métallique, conservée apparente, devint partie intégrante du décor. Un hourdis polychrome de briques (9) et de céramiques vint compléter l’ensemble que Jules Saulnier compara à « un immense tapis oriental » (10). L’architecte devait expliquer ce choix ornemental de Menier : « Ce bâtiment étant le plus important de son usine, comme position, dimension et destination, il ne recula pas devant la dépense et résolut de le décorer avec un luxe rarement usité dans les constructions industrielles. » Un décor original de médaillons en briques vernissées fut réalisé ; s’y mêlaient le monogramme de Menier (M), des fleurs de cacaoyer et des cabosses. Destinée à abriter le traitement des fèves, la bâtisse, d’une grande élégance architecturale, enjambait le bras de la Marne et bloquait le courant pour alimenter les turbines du sous-sol du bâtiment, fournissant ainsi de l’énergie à tout le moulin où le cacao était broyé, le sucre mélangé, et le chocolat malaxé. « Du triage des fèves au pliage des tablettes le cycle de fabrication est décomposé en une série d’opérations traitées dans des ateliers spécialisés dont la distribution visant à limiter et réguler la circulation des hommes et les flux de marchandises se double de la recherche d’une parfaite adéquation entre le cadre bâti et le processus de production. » (11) Le bâtiment au bord de la Marne abritait les entrepôts où étaient stockés les sacs de cacao et de sucre. Les fèves étaient transportées par wagon dans l’atelier de triage. Environ 200 ouvrières trieuses y opéraient.Des wagons à bras emportaient ensuite les fèves vers l’atelier contigu où se faisait la torréfaction (« brûlage »), dans des cylindres pouvant contenir 60 à 80 kg de fèves. Suivait le broyage dans des appareils à meules fonctionnant avec des moteurs hydrauliques.Conçue par Gustave Eiffel et construite en 1884, la halle abritait les machines à froid qui maintenaient 4 800 mde caves à une température permettant de conserver le chocolat.

(9) L’assemblage de poutres métalliques assure la résistance du bâtiment, alors que les briques l’isolent de l’extérieur.

(10) « Le cadre formé par le bleu du ciel, le vert des arbres, l’eau avec ses reflets et ses vapeurs, l’air enfin influe très heureusement sur l’harmonie générale, à la distance pour bien voir l’ensemble tous les tons sont fondus, doux, on dirait un immense tapis oriental. »

(11) Claudine Cartier, Hélène Jantzen et Marc Valentin, Noisiel, la chocolaterie Menier Seine-et-Marne, 1994.

Production standardisée, mécanisation accrue, manipulations réduites, installation de deux machines à vapeur de 70 CV chacune (1866), de deux turbines à siphon Girard (12) et de machines frigorifiques de Charles Tellier [13] (1868), construction d’une retenue d’eau à déversoir-mobile (1869-1872), achat des moulins de Torcy (1863) et de Chelles (1880), en amont et en aval (14)… Par ailleurs, à partir de 1871, Émile-Justin Menier mit sa position de maire de Noisiel au service d’une politique de « rationalisation spatiale » et de désenclavement qu’il soutenait depuis de longues années : création d’un axe routier Noisiel-Lagny, travaux de voirie, réalisation d’un ligne de chemin de fer privé, etc. Quant à sa conception sociale de l’entreprise, organisée autour de « l’image du patron-père nourricier de la communauté » (15), elle fut en tous points novatrice : politique de hauts salaires pour s’assurer une main-d’œuvre fiable, structures d’accueil (réfectoires, foyer-hôtel, etc.), œuvres diverses (caisses, service médical gratuit, etc.). Et elle déboucha sur la concrétisation du projet de cité abritant les ouvriers de l’usine, dont rêvait cet industriel républicain, ardent théoricien de la « Civilisation de l’Avenir ». À la fin du XIXsiècle, comme on peut le lire dans un ancien document publié par la chocolaterie, « la population entière de la localité est affectée à l’usine près de laquelle on lui a assuré le logement et les moyens de subsistance dans les meilleures conditions d’hygiène et d’économie, en créant une vaste cité ouvrière composée de plus de deux cents habitations isolées et indépendantes, entourées d’un jardin. »

(12) Mises au point par l’ingénieur Louis-Dominique Girard.

(13) CharlesTellier mit au point la première armoire frigorifique destinée à la conservation — l’ancêtre de notre réfrigérateur. L’usine de Noisiel bénéficia de ses premières machines.

(14) Le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale propose, dans son numéro de juin 1869, le très intéressant rapport fait en 1868 par MM. Tresca et Duchesne au nom des comités des arts mécaniques et économiques, sur la fabrique de Noisiel. Ce texte donne une description très précise de la chocolaterie et de son fonctionnement.

(15) Claudine Cartier, Hélène Jantzen et Marc Valentin, Noisiel, la chocolaterie Menier Seine-et-Marne, 1994.


Les Députés de l'Avenir : Emile-Justin Menier caricaturé dans L'Eclipse

par Alfred Le Petit (10 septembre 1871) et par André Gill (24 septembre 1871).

 

Son engagement « aux côtés des militants réformistes, mutualistes et coopératistes majoritaires dans le mouvement ouvrier jusqu’au congrès de Marseille en 1879 » (C. Cartier, H. Jantzen et M. Valentin, Noisiel, la chocolaterie Menier…, 1994) l’amena à la députation : il fut élu député de l’arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne) en 1877 (après avoir été élu l’année précédente et révoqué). Il laissa des écrits politiques, parmi lesquels : La Liberté sans licence ou La liberté devant l’opinion publique, Jurys nationaux, Paris, Le Chevallier, 1871 ; Du Relatif et de l’Absolu en matière d’impôts ou Étude comparative du principe des impôts directs et des impôts indirects, Paris, Guillaumin et Cie, 1872 ; Théorie et application de l’impôt sur le capital, Paris, Guillaumin, 1874.

Pressentant le rôle essentiel qu’allait jouer la presse dans la propagation des idées, Émile-Justin Menier créa une revue, La Réforme Économique, avant de racheter le journal le Bien Public (1876), peu après rebaptisé le Voltaire et auquel collaborèrent des plumes célèbres (Émile Zola, notamment).

Emile-Justin Menier, par André Gill,

dans La Lune Rousse, 12 août 1877.


Par delà cette réalisation sociale, qui s’inscrivait dans une époque propice aux « utopies » patronales (Familistère créé par Jean-Baptiste André Godin à Guise, Aisne, par ex.), la firme s’imposait comme une chocolaterie de premier ordre. Au fil des grandes manifestations internationales, de nombreuses distinctions vinrent récompenser sa production de chocolat de santé, de chocolats pectoraux (au salep, au lait d’amandes, au tapioca, etc.), tels que les aimait le XIXsiècle, ainsi que de pastilles de chocolat. La seule exposition universelle de 1878 lui valut sept médailles d’or. L’année suivante, Émile-Justin Menier créait avec trois de ses quatre fils (16) — Henri, Gaston et Albert —, une société commerciale en nom collectif, d’une durée de trente ans ; il conservait « les pouvoirs les plus étendus » pendant dix années. Mais sa mort, en 1881, précipita la succession. Alors qu’Albert (1858-1899), peu intéressé par le domaine industriel, s’éloigna de l’entreprise (17), Henri (1853-1913), ingénieur chimiste, et Gaston (1855-1934), pharmacien, tous deux bien préparés par leur formation scientifique à en reprendre les rênes, poursuivirent l’œuvre de leur père et l’amplifièrent même.

 

À la fin des années 1880, la production annuelle atteignait 12 000 tonnes. Dans les grandes expositions, les stands Menier témoignaient de sa puissance industrielle. Celui de l’Exposition Universelle de 1889 arborait un arc de triomphe composé de 200 000 tablettes d’une livre chacune, représentant la production de la marque en un jour (18). Celui l’Exposition Universelle de 1900, réalisé par l’architecte Stephen Sauvette (19), dominait les autres stands dans le Pavillon de l’Alimentation et reconstituait la proue, grandeur nature, du vaisseau Le Triomphant, qui avait connu son heure de gloire sous Louis XIV — il avait rapporté à Brest, le 10 octobre 1679, la première cargaison de cacao en provenance des Antilles françaises. « En même temps qu’elle évoquait les souvenirs historiques les plus intéressants par la grandiose reconstitution d’un des premiers navires qui aient apporté en France le cacao, elle permettait de suivre dans toutes ses phases les diverses opérations qui constituent la fabrication du chocolat», lit-on dans le rapport officiel de l’exposition à propos de la firme, à laquelle cette manifestation valut un grand prix. Considérée comme la « première chocolaterie du monde » lors de l’Exposition Universelle de Philadelphie, en 1893, la maison Menier devait longtemps rester la première unité de production française.

 

À cette époque, l’usine de Noisiel employait 1 200 ouvriers et 750 ouvrières ; sa production annuelle atteignait 16 millions de kilogrammes (20). C’était, en fait, une véritable « petite ville » multipliant les institutions patronales, où se cotoyaient « habitations ouvrières, écoles gratuites, restaurant à bas prix pour les ouvriers habitant les localités éloignées, apprentissage, bibliothèque, société musicale, caisses d’épargne et de secours, maison de retraite (21) » (Rapport du Jury International, Exposition universelle internationale de 1900, 1901.)

 

Cette cité ouvrière est évoquée dans le roman En Famille (1893) d’Hector Malot. Le village de Maraucourt, siège de l’industriel Vulfran, s’inspire directement de la cité de Noisiel.  «

« “ — Monsieur Fabry, vous allez aller à Noisiel étudier les maisons ouvrières.


— Monsieur Fabry, vous allez aller en Angleterre étudier le Working men’s club Union. 


— Monsieur Fabry, vous allez aller en Belgique étudier les cercles ouvriers. ” 


    Et Fabry partait, étudiait ce qu’on lui avait indiqué, tout en ne négligeant rien de ce qu’il trouvait intéressant, puis au retour, après de longues discussions avec M. Vulfran, étaient arrêtés les plans qu’exécutaient sous sa direction l’architecte et les conducteurs de travaux.

      “ Mais nous ne sommes qu’au commencement, ma chère demoiselle: bâtir des crèches, des maisons ouvrières, des cercles, c’est l’a b c de la question sociale, et ce n’est pas avec cela qu’on la résout ; j’espère que nous pourrons aller plus loin, plus à fond ; nous ne sommes qu’à notre point de départ : vous verrez, vous verrez. ” »

Typographie Henri Plon imprimeur, Paris, 1860.

(16) Son plus jeune fils mourut peu après lui.

(17) Il installa une usine de caoutchouc à Grenelle (Paris), mais sa principale préoccupation fut son écurie de chevaux de course.

(18) À l’occasion de l’Exposition Universelle de Liège, en 1905, la maison Menier devait aussi « bâtir » un véritable monument, « formé de piles de tablettes de chocolat, doubles à sa base et réunies à sa partie supérieure par une sorte d’arc du plus grand effet » (Gustave Drèze, Le Livre d’or de l’Exposition universelle et internationale de 1905).

(19) Il réalisa, notamment, la villa d’Albert Menier à Neuilly et la maison de la famille Menier dans l’île d’Anticosti (Canada). Il collabora à la décoration de la tour Eiffel.

(20) 50 000 kg / jour, d'après le Comte de Maillard de Marafy (Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891).

(21) La première pierre de la maison de retraite Claire Menier fut posée en 1898.

Noisiel

en cartes postales anciennes…

L’usine de Noisiel fit l’objet d’innombrables cartes postales, précieuses pour l’observation de son évolution.

En outre, elle inspira à Théodore Muller (1819-1879) une superbe vue d’ensemble de la fabrique, Usine de Noisiel pour la fabrication spéciale du Chocolat Menier,

lithographiée par Jacottet (dessinateur) et Lemercier (imprimeur).

Parallèlement, 1 500 hectares étaient exploités par cinq fermes principales, construites de 1880 à 1888 — « Menier traite son domaine agricole comme il gère son entreprise chocolatière en l’organisant au maximum. Il fait construire une ferme modèle : “ la ferme du Buisson ”. Le bâtiment principal mesure 87 mètres de long et environ 18 mètres de large. Au rez-de-chaussée se situent les étables et à l’étage les greniers à foin, il y a également une porcherie et un élevage de volailles. » (22) Ce « chef-d’œuvre de l’exploitation agricole », ainsi considérait-on cet ensemble, était tant renommé qu’il accueillit deux concours de machines agricoles, dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1889, et reçut, à cette occasion, la visite du président de la République.

 

Cette constante expansion industrielle avait impliqué de nouvelles transformations. Au cours des deux dernières décennies du XIXe siècle, Jules Logre (23) avait conduit, avec son fils Louis, architecte, des travaux visant à parfaire le réseau de communications, à accroître la force motrice, à créer des quais de déchargement, des magasins et de nouveaux ateliers, à renforcer les performances techniques, à améliorer les installations de refroidissement des tablettes (24)… Soucieux de conserver leur hégémonie dans la chocolaterie, Henri et Gaston Menier revirent leur méthode d’approvisionnement en fèves de cacao, par une prise de participation dans des compagnies cacaoyères africaines (Congo français, Gabon). Par ailleurs, ils vendirent la sucrerie de Roye (1901), devenue non rentable, développèrent leur politique commerciale, notamment dans les colonies d’outre-mer, et élargirent leur publicité aux supports les plus variés (voir ci-dessous). Enfin, de façon tout à fait innovante, ils ouvrirent leur fabrique aux groupes de visite, de toutes provenances sociales.

Cet ensemble usinier allait encore s’enrichir, en 1905-1906, sur les plans de l’architecte Stephen Sauvestre (25) et de l’ingénieur Armand Gabriel Considère (26), d’une nouvelle chocolaterie, sur le site des deux iles (réunies), un peu en aval du moulin. Les ouvriers la baptisèrent « la cathédrale ». Ce majestueux bâtiment, de huit niveaux et de plus de 9 000 m2 de surface, destiné à abriter les conches, fut l’une des premières constructions en béton fretté ; au rez-de-chaussée, de grandes colonnes soutenaient le plafond de la salle où le chocolat était malaxé. Il était relié par une passerelle (« Pont Hardi »), d’une seule volée, longue de 44,50 m, aux ateliers de dressage (pesage, moulage et conditionnement des tablettes), sis sur la rive gauche de la Marne ; des wagonnets sur rail assuraient l’acheminement du chocolat vers ces ateliers. La cathédrale (27) vint symboliser, en quelque sorte, la réussite triomphale de la famille Menier. Comme la décrivait un de ses visiteurs en 1914, « après avoir descendu quelques marches de pierre, on se trouve soudain dans un spacieux péristyle dont les murs, la voûte, le dallage et les piliers donnent à penser que ce n’est point dans une usine qu’on est mais dans le majestueux foyer de quelque opéra. Les élégantes moulures des piliers et les murs complètent l’impression. » (28)

(22) Bernard Logre, Président de l’association « Connaissance du Val Maubuée », conférence Menier la plus grande chocolaterie du monde, 5 novembre 2001.

(23) L’ingénieur Jules-Louis Logre (1838-1922) entra dans la firme, comme ingénieur-sous-directeur, en 1869.

(24) Le bâtiment des refroidisseurs fut réalisé en 1882-1884. En 1876, Henri Menier avait déposé un brevet afférent à « l’emploi du froid artificiel » pour le refroidissement maîtrisé du chocolat. Grâce à la technique que Charles Tellier conçut cette même année, un nouveau procédé de refroidissement put être mis au point.

(25) Il collabora aussi avec l’architecte Louis Logre, fils de Jules Logre, pour l’extension du bâtiment de dressage (1906-1908).

(26) Il dirigea les chantiers de Saint-Nazaire, de 1874 à 1883. Il s’imposa par ses recherches sur le béton armé. Son système concernant le béton fretté fut breveté en 1900.

(27) La cathédrale ne fut, semble-t-il, jamais utilisée au maximum de sa capacité, mais seulement à 30 %, indiquent les spécialistes. Elle fut désaffectée au début des années 1950.

(28) Cité par Claudine Cartier, Hélène Jantzen et Marc Valentin, Noisiel, la chocolaterie Menier Seine-et-Marne, 1994.

Après la mort de son frère Henri (1913), Gaston Menier dut faire face seul aux turbulences de la Grande Guerre et à la concurrence qui s’intensifia dès l’après-guerre. Avec les années 1920, la firme, concentrée sur des objectifs plus ambitieux, lança de nouveaux produits, pratiqua une politique de restructuration, qui toucha aussi ses usines de Londres et de New York, et modernisa son matériel de fabrication. Mais, bientôt fragilisé par la crise économique, puis par le décès de Gaston Menier (1934), le premier fabricant de tablettes français eut du mal à redresser la barre, et ce en dépit des diverses mesures prises (fermeture de l’usine de Clichy ouverte en 1932, suppression du service des transports de la rue d’Aubervilliers, réorganisations internes, etc.). Dans les années 1930, son siège social se trouvait 55 quai de la Tournelle, à Paris. Il inaugura, en 1935, un « salon du Chocolat-Menier », « ouvert après le spectacle », au 114 Champs-Elysées. Le Second conflit mondial le trouva affaibli et aggrava son passif. Pourtant, la guerre terminée, la chocolaterie remonta la pente, à telle enseigne que, à partir des années 1950, elle demeurait leader, en couvrant 18 % du marché — la production de Noisiel s’élevait en moyenne à 600 tonnes par mois (contre 120 pour Nestlé, son plus gros concurrent). « Placée sous le signe d’un nouveau mode de gestion d’entreprise, l’ultime tentative de redressement amorcée en avril 1954 s’appuie sur l’entrée en force du marketing dans le domaine commercial et une conversion accélérée au schéma taylorien-fordiste dans l’organisation de l’espace industriel. » (C. Cartier, H. Jantzen et M. Valentin, Noisiel, la chocolaterie Menier Seine-et-Marne, 1994.)

Le salon de thé sur les Champs-Elysées…

Rien n’y fit… La modernisation des équipements n’y changea rien… La mort de Hubert-Jacques-Georges Menier (1959) accéléra la transformation du patrimoine familial. En 1960, la société fut reprise par le groupe Cacao Barry, avant de fusionner avec Rozan. En 1965, elle passait, avec Rozan, sous le contrôle du groupe Uficao-Perrier. Au sein d’un contexte économique placé sous le signe de la concentration industrielle, son avenir fut dès lors incertain. Elle se retrouva dans le groupe Rowntree Mackintosh Ltd. (1971), lequel allait être absorbé en 1988 par le holding suisse Nestlé S. A. Suite à la décision de Nestlé, deux ans plus tard, de transférer la production à Dijon, l’usine de Noisiel fut reconvertie en siège social des unités opérationnelles de Nestlé-France. Elle fut classée monument historique en 1992. Le réaménagement du site, remarquable témoignage de l’architecture industrielle du XIXe siècle, fut confié aux architectes Bernard Reichen et Philippe Robert (agence Reichen et Robert), qui assurèrent simultanément la conception de l’architecture, du paysage, de l’aménagement intérieur, de la mise en lumière du site et de la signalétique. Ils conservèrent la plupart des bâtiments de l’ancienne usine, mais érigèrent aussi de nouveaux bâtiments. Et en 1996, Nestlé-France s’installa à Noisiel.


Très fortuné, Émile-Justin Menier se fit construire, entre 1870 et 1872, par l’architecte Henri Parent, un hôtel particulier à Paris, près du parc Monceau (5, avenue Van Dyck), sur un terrain acheté en 1867 aux Pereire. Y collaborèrent de nombreux artistes parmi lesquels le sculpteur Jules Dalcou, qui réalisa les cariatides et les sculptures du fronton. Cet hôtel inspira l’hôtel particulier du parvenu Saccard dans La Curée (1871), d’Émile Zola. Il prêta aussi son cadre à l’un des volets romanesques de La Famille Boussardel, de Philippe Hériat (Les grilles d’or, 1957).

Phot. Sotheby's Realty. com.

Henri Parent fut aussi amené à rénover, en 1882-1884, le château de Noisiel (XVIIe s.) — le « grand château » —, que la famille Menier avait acheté au duc de Lévis en 1879.


C’est également par Henri Parent, avec le concours du sculpteur François Gilbert, que fut conçue la chapelle-sépulture de la famille Menier au cimetière du Père-Lachaise (Paris). Celle-ci est ornée, à son entrée, de deux statues (L’Industrie et le Commerce). Au fronton, le buste en marbre d’Émile-Justin Menier est entouré de quatre petits génies, réunis deux par deux autour de la lettre «M». Il est amusant de relever ce qu'en disent Charles Virmaître et Henry Buguet dans leur ouvrage Paris croque-mort(Paris, C. Dalou, 1889) : « Le tombeau de Justin Menier écrase sous sa magnificence le modeste tombeau de Louis Blanc. / Un poète a écrit sur la pierre tumulaire de l'auteur de la Révolution français eles vers suivants :

Hélas ! si ce tombeau (soit dit sans amertume)

De son riche voisin n'a pas le grand éclat

C'est que l'on gagne moins à signer un volume

Que des livres…… de chocolat. »


Henri-Émile-Anatole Menier

(1853-1913)

 

Fils aîné d'Émile-Justin. À l’instar de son père, il fut député de Seine-et-Marne. Sénateur de 1909 à sa mort, il acheta en 1878 l’hôtel particulier parisien sis 4 avenue Ruysdaël et l’enrichit de superbes décors. Passionné de mer, il posséda deux yachts, amarrés à Rouen, la Julie et l’Ariane — c’est à bord du second que, en 1902, Waldeck-Rousseau rencontra l’empereur d’Allemagne Guillaume II.

Il se fit construire, en 1880, également par l’architecte Henri Parent, un hôtel particulier parisien (8, rue Alfred de Vigny) qui communiquait avec celui de son père (voir note ci-dessus). Il fit l’acquisition, en 1913, du château de Chenonceaux (Indre-et-Loire).

Le châtelain de chocolat

La Vie Parisienne, 19 avril 1913

« Le château de Chenonceaux vient d'être adjugé pour un million et sept cent mille francs

à M. Henri Menier, co-propriétaire de la célèbre marque de chocolat. » 

Gaston-Émile-Henri Menier

(1855-1934)

Deuxième fils d'Emile-Justin Menier.

Ci-dessus : phot. Louis Logre.

 

 

 

Ci-contre : Gaston Menier inspira au caricaturiste C. Léandre la une humoristique de l'hebdomadaire Le Rire en date du 26 mai 1900. « M. Gaston Menier et ses deux Muses : Cacao et Canne à sucre. Fait du chocolat et de la politique, le tout enveloppé dans du papier d’argent. »

Un portrait de madame Gaston Menier (1860-1892),

née Julie Rodier, fut réalisé en 1892

par François Flameng (huile sur bois,

musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais, Paris).

Georges Menier

(1880-1933)

Fils de Gaston Menier, neveu d'Henri Menier, petit fils d'Emile-Justin Menier.

Ci-contre : portrait par Boutet de Monvel, 1922-1923.

 

Ci-desous : menu du repas offert au personnel lors du mariage de Georges Menier avec Simonne Legrand (1881-1972), le 13 novembre 1903.

Cette fête rassemble 2 600 personnes à Noisiel.

Source : Archives Départementales de Seine-et-Marne, AD 77, 70 J 73.


Le chocolat Menier

 

Dès 1835, pour faire distinguer ses produits, Jean-Antoine-Brutus Menier renonça aux usages établis en matière de moulage et de pliage. Il opta pour une forme caractéristique de sa marque, avec sa tablette de « chocolat des ménages » composée de six barres demi-cylindriques. Il prévit, en outre, un emballage bien particulier. Couvrant une protection de papier d’étain, l’enveloppe de papier jaune portait une étiquette sur laquelle figuraient les indications relatives à la marque de fabrique « Chocolat-Menier » : la précision « Santé Qualité fine », « Santé surfine » ou « Santé par excellence », les mentions des expositions internationales qui l’avaient récompensée et les fac-similés de quatre médailles (29) obtenues. Une véritable révolution dans le conditionnement… À partir de la fin des années 1840, l’emballage arbora en fac-similé la signature de Menier.

Cette innovation en matière de présentation s’accompagna d’un prix plus abordable que celui généralement pratiqué. L’accueil fut parfois réticent. D’aucuns y virent une moindre finesse de saveur. « Si les chocolats de M. Menier n’ont pas la même délicatesse, ils n’en sont pas moins recommandables, et la modicité de leur prix est un des motifs qui les font employer habituellement dans les plus grandes maisons pour toutes les préparations de cuisine et d’office où le chocolat doit entrer comme élément principal ou pour assaisonnement. », pouvait-on ainsi lire dans le Dictionnaire Général de la cuisine française ancienne et moderne… (1853). En fait, aux côtés du chocolat de santé évoqué plus haut, Menier fabriquait, depuis les années 1830, des « chocolats pectoraux » (au salep de Perse, au lait d’amandes, au lichen, à l’osmazôme, au tapioka des Îles, à l’arrow-root, ferrugineux, etc.), en qualité « surfine » ou « fine », des « chocolats médicinaux » (au calomel, au citrate de fer, à l’iodure de fer, etc.), des « pastilles de chocolats médicinaux », du chocolat homéopathique, etc. Son Catalogue Commercial ou Prix courant général des drogues simples, produits pharmaceutiques et chimiques, plantes médicinales, médicaments spéciaux et homéopathiques…, (5e édition, Paris, 1860) témoigne de la multiplicité de ses produits. La firme proposait même des chocolats sans sa marque. Parmi ces « Chocolats sans notre nom » : le Chocolat des Antilles, le Chocolat dit des Étrennes, le Chocolat des Ménages, le Chocolat Parisien, le Chocolat forme Marseille, du chocolat en billes, en bâtons, des pastilles et bonbons de chocolat, etc. Et, pour ceux qui souhaitaient travailler cacao ou chocolat : du beurre de cacao (« toujours récemment préparé »), des « cacaos purs parfaitement broyés » en pains de 5 kg, des cacaos pulvérisés (caraque ou maranan), du chocolat en pains de 5 kg, etc.

Imp. Camis, Paris, vers 1900, 41 x 75 cm. 

(29) Parmi les distinctions obtenues : Médaille d’or à Paris en 1849, Hors concours à Londres en 1862, Hors concours à Paris en 1867, Diplôme à Vienne en 1873, Médaille d’or à Philadelphie en 1876, Diplôme à Amsterdam en 1883, Diplôme à Anvers en 1885.

Affiches Camis, Paris, 1898.

Le vaisseau-amiral Le Triomphant assura, en 1679, importa en France la première cargaison de cacao produit dans les Antilles françaises.

Sa proue fut reconstituée grandeur nature par la chocolaterie Menier dans le cadre de l’Exposition Universelle de Paris, en 1900. À l’intérieur, une exposition consacrée à l’histoire de l’entreprise et aux étapes de la fabriation du chocolat.
Estampe d’après une photographie (J. Husson), extraite d’une brochure éditée à l’occasion de l’Exposition Universelle.

À partir de 1900, la firme, fidèle à sa gamme de « chocolat des ménages », prit conscience de la nécessité d’élargir son catalogue de produits, pour conserver sa position dominante (plus de 50 %) sur un marché qui se diversifiait de plus en plus. Ainsi se mit-elle à produire des croquettes (1903), des Bagatelles, bonbons de luxe (1910), du chocolat au lait (1906), des cartouches de chocolat instantané en poudre (1909), des Lugano, fondants au lait (1913). À partir des années 1920, Menier créa de nouveaux produits pour s’imposer sans le secteur du chocolat au lait : Rialta et Jolta (1924), Marna (1926), Malakoff et Fondant au lait (1930). Occupant toujours une position dominante dans le secteur des tablettes de chocolats à cuire et à croquer, qui s’avérait, par ailleurs, peu rentable, elle se lança dans la production d’articles financièrement plus intéressants, les bonbons de chocolat. Après sa reprise par Rowntree Mackintosh, le chocolat Menier était encore, au début des années 1980, bien présent, avec ses variétés noire, au lait, aux noisettes, etc. Sur l’emballage bleu au médaillon or figurait tel ou tel personnage suivant la variété : une fermière versant du lait, une jeune promeneuse, des jeunes filles dégustant des morceaux de chocolat… Après son absorption par Nestlé, la firme se consacra presque exclusivement au chocolat à pâtisser, en insérant des fiches-recettes dans ses tablettes. L’emballage, coloré en vert, arbora à la fois la signature Menier dorée, les quatre médailles et, miniaturisée, la fillette Menier des origines. aujourd’hui, cette tablette est restée fidèle à elle-même, tant pour sa composition que pour son habillage.

Affiche, vers 1900, 99 x 50 cm, lith. F. Appel, Paris.

Le Chocolat-Menier connut un tel succès que certains tentèrent de le contrefaire. La signature qui figura très tôt sur les produits de la marque se voulait une garantie contre les contrefaçons. C’était là une innovation. Car la propriété des marques ne fut réglementée qu’à partir de la loi du 23 juin 1837, complétée par celle du 23 juin 1857. Jean-Antoine-Brutus Menier effectua, certes, le 2 août 1849, son premier dépôt légal au secrétariat des Prud'hommes de Paris, à savoir diverses qualités de chocolat (dont celle dite de « santé, qualité surfine, deux francs »), l'emballage en papier jaune serin et l'étiquette rectangulaire ornée des gravures des médailles d'or et d'agent remportées en 1832, 1834, 1839 et 1844 (30). Mais, comme l'exprima la Cour d'Orléans (31) en 1853, « c'est à tort que Menier et Cie ont déposé […] le modèle de leur tablette et de son enveloppe, afin de s'en attribuer la propriété pendant cinq ans ; car il est impossible de reconnaître dans leur modèle, un dessin de fabrique, le dessin de fabrique s'appliquant spécialement aux tissus ou aux papiers peints », et surtout, « Menier et Cie s'étaient servis de leur forme avant de la déposer, ce qui, aux termes de la loi, l'a fait tomber dans le domaine public. »

Pour faire face à toute concurrence déloyale, la firme insérait des « Avis » dans les publications de l’époque. Ainsi pouvait-on lire dans L’Illustration en 1845 : « Le Chocolat Menier, comme tout produit avantageusement connu, a excité la cupidité des contrefacteurs ; sa forme particulière, ses enveloppes, ont été copiées, et les médailles dont il est revêtu ont été remplacées par des dessins auxquels on s’est efforcé de donner la même apparence. Je dois prémunir le public contre cette fraude. Mon nom est sur les tablettes du chocolat menier aussi bien que sur les étiquettes, et l’effigie des médailles qui y figurent est le fac-simile de celles qui m’ont été décernées à trois reprises différentes par le roi et la société d’encouragement. Ces récompenses honorables m’autorisent à faire distinguer le Chocolat Menier de tous les autres. L’heureuse combinaison des appareils que je possède dans mon usine de Noisiel, et l’économie d’un moteur hydraulique, m’ont mis à même de donner a cette fabrication un développement qu’elle n’avait jamais atteint. Ce chocolat, par le seul fait de ses qualités et de son prix modéré, obtient aujourd’hui un débit annuel de plus de 500 milliers ; il s’est acquis une réputation méritée. Dépôt principal, passage Choiseul, 21, et chez MM. les pharmaciens et épiciers de Paris et de toute la France » Il convient, toutefois, de noter que, dans les procès qu'elle intenta à d'autres chocolateries, la firme Menier fut souvent partiellement déboutée, car, selon les termes mêmes de la Cour de Paris (32), en 1853, « Menier ne peut […] revendiquer le droit exclusif de mouler le chocolat de sa fabrique par divisions de tables demi cylindriques, parce que cette forme de moulage était connue et pratiquée dans le commerce avant qu'elle eût été employée par Menier », et « il en est de même du papier jaune servant d'enveloppe et qui est d'un usage vulgaire ». En revanche, seules, « les étiquettes de Menier, par la disposition du dessin représentant les médailles obtenues par lui, constituent un signe distinctif des produits de sa maison », reconnaît la justice.

(30) La firme devait effectuer le même dépôt au greffe du Tribunal de Commerce de la Seine le 3 juin 1853. Allaient suivre d'autres dépôts : le 2 mars 1857, « une contre-étiquette carrée en papier blanc portant entre les deux filets noirs les mots “ Usine Hydraulique à Noisiel ”, et le fac-simile de la signature Menier père, cette étiquette destinée à être appliquée en forme de cachet sur les plis des enveloppes des tablettes de chocolat avec le nom de Menier et Cie » ; le 26 décembre 1861, « le fac-simile des incrustations par lui faites sur et sous les tablettes » ; etc. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

(31) Affaire Menier contre Louit frères et Courette, 7 décembre 1853. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

Tablettes-factices, vers 1930.

(32) Affaire Menier contre Pelletier, 23 juillet 1853. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

Par ailleurs, d’aucuns prétendent que certaines fabriques auraient joué avec le nom, pour prêter à confusion. Par exemple, les maisons Émile Meunier, à Pantin, François-Meunier, à Paris, et Alexandre Meunier (Alexa), créée en 1923 à Paris (33). Mais sont-ce là des hasards patronymiques ou de véritables contrefacteurs ? On ne saurait l’affirmer. Ce qui est bien plus avéré : l'intention frauduleuse de certains chocolatiers d'induire le consommateur en erreur. Ce fut le cas d'Eugène-Louis-Alfred Ménier, de Bois Colombes, qui, en 1904, déposa une marque comportant comme élément essentiel la dénomination « Chocolat Ménier » (34), de Louis-Auguste Decroix, négociant à Saint-Quentin, qui fabriqua, sans scrupule, du « Chocolat Mérien » (35) et du « Chocolat Meiner », de Merget et Kessler, qui lancèrent à Besançon le « Chocolat du Niémen » (36), d'un certain Cambier, producteur du « Chocolat Ménien » et du « Chocolat Nemier » (37), d'un sieur Lancesseur, qui nomma son chocolat « Chocolat du Métier » (38), de la firme Michel frères, à Marseille, qui alla jusqu'à baptiser son chocolat « Meinier » (39), etc. Toutes ces affaires reposant sur l'association d'un nom proche à une présentation en tous points similaire débouchèrent sur une amende et, même, pour certains, sur une peine d'emprisonnement.

(33) Son usine se trouvait à Saint-Gratien.

(34) Cour de Paris, 15 juin 1906. Annales de la propriété industrielle, artistique et littéraire, Paris, Chez M. Phily, janvier 1909.

(35) Tribunal Correctionnel de Troyes, 11 janvier 1872. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

(36) Cour de Paris, 3 février 1872. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

(37) Ibid.

(38) Tibunal Civil de Rouen, 16 mars 1872. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

(39) Tribunal Correctionnel de Marseille, 18 mai 1872. Comte de Maillard de Marafy, Grand Dictionnaire International de la Propriété Industrielle au point de vue du nom commercial des marques de fabrique et de commerce et de la concurrence déloyale, tome 3, Paris, Chevalier-Maresq et Cie, 1891.

Le passage de l'octroi, à Vienne.

L'image de la marque

 

Firmin Bouisset, 1892, 143 x 102 cm, Ch. Walle et Cie, imp., Paris.

Firmin Bouisset, 1893, 40 x 29 cm. Affiche Camis, Paris.

Firmin Bouisset, Affiches Camis, Paris, 1892.

Firmin Bouisset.

Tôle lithographiée, premier modèle "au miroir",

fin du XIXe siècle, signée Firmin Bouisset,

imp. Revon, 30 x 40 cm.

Petit encart presse 1928.

 

Firmin Bouisset, Affiches Camis, Paris, 1894.

Advertising card,

N. Y. : H A Thomas & Wylie, Lith Co., 15 x 11 cm.

Impr. de Vaugirard, Paris, 1925.

Auguste Rœdel, imp. Farradesche, Paris, 1898.

M. Jacob, vers 1900.

Affiche Edia, 1929, 125 x  81 cm.

Plaque émaillée, d’après une création

d’Edia Paris, émail Japy, 50 x 100 cm.

Affiche de William Pera, 1948.

Affiche Publi Syntex, vers 1956, 40 cm x 30 cm.

1959.

Affiche de Roland André, 1956, La Vasselais, Paris, 69.5 x  95.5 cm.

La publicité

 

Affiche, vers 1930, 200 x 150 cm.

La firme ne s’intéressa guère aux chromos

Rare chromo éditée pour l'Exposition Universelle

de 1889, imp Palyart.

Les albums

 

Couverture d’un album publicitaire illustré à compléter, 1939.

Album illustré par Jean-Adrien Mercier, coll. A.P.-R.

 

Le tour du monde en 120 images

par Jacqueline-P. C. C. Stany, 1956.

Les cartes postales illustrées par Albert Guillaume

Coll. A.P.-R.

 

Divers objets

 

Présentoir de comptoir en tôle lithographiée

en forme d'escalier à 4 niveaux

pour les bâtons Menier de 5, 10 et 15 centimes,

illustré de la petite fille de Firmin Bouisset,

24 x 13 cm - H. 30 cm.

PLV lithographiée en découpi,

jeune garçon d'après Pub - Novia,

ca 1930, imp. Bouquet. H : 44 cm.

" Avec les compliments de messieurs Menier,

56 rue de Chateaudun Paris",

boîte pyrogène, modèle "Au Parapluie".

Bonbonnière Art Nuveau.

Eventail illustré par Jean-Adrien Mercier

et offert à l'occasion de l'Exposition Coloniale de 1931.

Tasse créée à l'occasion de l'Eposition Universelle de Paris, en 1900.

Les plâtres publicitaires.

Les boîtes

 

• Les boîtes de boutons de chocolat…

 

L'intérieur du couvercle porte mention de la marque Menier et de l'imprimeur (Revon).

La maison Menier a commencé la fabrication de ce type de boîtes ronder en fer-blanc serti et lithographié, décorées de portraits à collectionner et contenant des boutons de chocolat vers 1900. Ces modèles semblent dater du tout début de la Grande Guerre, durant laquelle Menier fut fournisseur de l'armée française en campagne. Certaines sont peintes en imitation de loupe. 

Source : Collections du Musée national de l'Éducation. 

 

Les menus publicitaires

 

Le kiosque

 

1883.

Petite fille de William Para.

Menier à l'étranger

 

1894.

Suggestions pour de plus amples recherches

 

un très intéressant dossier en PDF réalisé par les Archives Départementales de Seine-et-Marne : 

https://archives.seine-et-marne.fr/sites/archives.seine-et-marne.fr/files/media/downloads/famille_menier_dossier_20171017.pdf

 

une riche iconographie :

https://artetpatrimoinepharmaceutique.fr/Qui-sommes-nous/p69/La-Famille-Menier-au-Parc-Monceau

https://la-saga-menier.pagesperso-orange.fr/sommaire%20menier.htm

 

quelques études

https://artetpatrimoinepharmaceutique.fr/Publications/p42/Le-droguier-Menier

http://www.lemarneux.fr/article-100-ans-d-evolution-du-moulin-de-noisiel-115528188.html

https://genealogiehistoiredefamilles.over-blog.com/2017/07/le-bon-chocolat-menier.html

http://www.martinpierre.fr/medias/files/dossier-menier-pdf-12221585196501.pdf

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.