Cazenave

(France)

 

Cette chocolaterie de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), connue pour ses bonbons de chocolat, l’est plus encore pour sa « tasse de chocolat à boire moussé à la main ».

        Originaire de Labastide Villefranche, aux confins du Béarn et du Pays Basque, Pierre Martin Cazenave (1832-1915) fit son apprentissage de chocolaterie à Bayonne avant d’y ouvrir en 1854 sa petite fabrique au 11 de la rue Lormand.La dot que son épouse lui apporta lors de leur mariage en 1862 allait l’aider à développer son entreprise.Laquelle fut remarquée en 1864, lors de l’exposition Franco-Espagnole qui se tint à Bayonne et où fut exposée la « pierre à chocolat » utilisée par Cazenave : « La consommation de chocolat ayant augmenté dans des proportions considérables, la falsification de ce délicieux produit est devenue telle qu’elle constitue aujourd’hui un véritable danger pour la santé publique. La Maison Cazenave peut dire bien haut qu’elle n’a jamais abandonné ses principes d’honnêteté et de bonne fabrication, ses chocolats sont recherchés par la clientèle d’élite en France et à l’étranger », put-on lire à cette occasion dans le quotidien Le Messager de Bayonne. L’année suivante, Cazenave transféra son entreprise au 19 Arceaux du Port-Neuf, local qu’il racheta à une chocolaterie renommée, G. Penin et Cie. La fabrication mécanique remplaça dès lors celle « à bras » ; l’atelier, équipé de machines à vapeur Hermann, fut installé aux Allées Marines.

         Paul Cazenave reprit les rênes de l’affaire quelques années avant la mort de son père. Mais,en 1929, en pleine crise économique, il la vendit à Vital Biraben, de la célèbre famille de chocolatiers bayonnais*, et son épouse, Geneviève Thomasset. Ceux-ci lui conservèrent son enseigne « Chocolat Cazenave » et devaient en faire ce qu’elle est aujourd’hui. Alors que le chocolat était fabriqué dans l’usine des Allées Marines, la boutique de la rue du Port-Neuf fut transformée en un salon de thé doté d’un élégant décor de miroirs, de vitraux et de boiseries. Après la disparition de Vital Biraben (1934), sa veuve continua de gérer la maison. Puis, d’un âge avancé et sans descendance, elle décida de la céder aux sœurs Claudine Aldabé-Bimboire et Jeanne Aldabé-Lafourcade, originaires de Basse-Navarre, qui, toutes deux, y travaillaient depuis de nombreuses années. En 1991, les petits-enfants de Claudine Bimboire rachetèrent la part des descendants de Jeanne Lafourcade.

 

* Vital Biraben était le fils de Cosme Biraben, confiseur, chocolatier et liquoriste à Bayonne, et le petit-fils du fondateur de la dynastie, Joseph Biraben.

 

 

 

 

— Chez Maisonnave ? Dit Louise dédaigneuse. Ah, mais on ne sait pas faire le thé, dans les pâtisseries. Chez Maisonnave, on vous sert le meilleur chocolat de la région, mais pour le thé, ce n’est pas ça du tout, ils n’ont pas la manière, ils ne savent pas.

Jean-Louis Curtis La Parade

 

 

 

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