Lombart

(France)

 

Cette ancienne chocolaterie succéda à la chocolaterie fondée en 1760 à Paris, au 3 de la rue des Vieilles-Étuves Saint-Honoré (1), par Antoine Meunier. Parmi ses illustres clientes : la princesse Victoire de France, qui obtint du roi Louis XVI que cette maison devint, à partir du 20 juin 1789, son fournisseur privilégié, puis la duchesse d’Angoulême, aussi appelée Madame Royale. Cette firme fut réputée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. En importance de production (près de 2 millions de kilogrammes au début des années 1870), elle se situait parmi les premières chocolateries françaises. Ses articles, Chocolats SupérieursBonbons Fins, Fantaisies Chocolat, etc. (2), lui valurent plusieurs récompenses à l’occasion des grandes expositions, parmi lesquelles une médaille d’or à Marseille en 1883 et une médaille d’or lors de l’Exposition Universelle de 1900. Mais, soucieuse de démocratiser le chocolat, la firme créa la « Tablette d’un Sou en chocolat sain et hygiénique ». Très populaires étaient aussi ses cigares et cigarettes en chocolat.

(1)  Aujourd’hui, partie de la rue Sauval (Ier arrdt).

(2) Sans oublier le Thé Lombart, « d’importation directe ».

Carton découpi, coll. A. P.-R.

L’usine qu’elle bâtit, dans un premier temps, rue Keller, ne suffisant bientôt plus, la chocolaterie Lombart fit élever, en 1860, une immense fabrique avenue de Choisy (75-77-79) [3], dans le  XIIIe arrondissement de Paris ; l’usine et les bureaux devaient y rester jusqu’aux années 1940. Gérée de façon dynamique, la chocolaterie se développa jusqu’à employer près de 800 ouvriers. Toutefois, son déclin s’amorça suite aux grèves de 1936, et fut rapide. À la fin des années 1940, le siège social et les bureaux se trouvaient 68 rue de Mirosmesnil (Paris, VIIIe). Son magasin, somptueux, se trouvait au 11 boulevard des Italiens. En 1957, la société Chocolat Lombart fut absorbée par Menier.

À noter que la vieille maison « Au Fidèle Berger », fondée en 1720, rue des Lombards, à Paris, fut reprise par la Chocolaterie Lombart. À noter aussi qu’on doit à un certain A. Lombart le rapport concernant le Matériel de la chocolaterie, de la confiserie et de la préparation mécanique des aliments (chapitre X) lors de l’Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Ce rapport nous apprend, par ailleurs, que MM. Lombart et Billaudot, « frappés de l’inconvénient qu’il y avait à encombrer de grands espaces et à soumettre le chocolat à une manutention coûteuse », mirent au point dès 1878 un procédé de refroidissement des tablettes moulées, consistant à « mettre les tablettes en mouvement en les exposant au refroidissement méthodique au moyen d’un courant d’air forcé ». Un appareil qui, semble-t-il, fut adopté par la plupart des grandes fabriques. Ce Lombart, inventeur de machines à mouler, avait son siège au 16 boulevard Sébastopol, nous dit le Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale (1890).

Enfin, pour l’anecdote : l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles doit beaucoup à la famille Lombart, propriétaire de la chocolaterie, qui contribua généreusement à l’achèvement de l’édifice. De fait, en 1898, celle-ci offrit 320.000 frs pour faire édifier le portail et les tours. Les donateurs désiraient, en effet, « qu’à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, la construction ressemble enfin à une église ». À la suite de quoi, pendant longtemps dans le quartier, le portail fut surnommé « la façade chocolat ». Les deux tours symétriques, culminant à 55 mètres, furent appelées Honorine et Jules, du nom des donateurs, Mr et Mme Lombart.

Par ailleurs, une carte postale ancienne représente l’intérieur du Musée Lombart à Doullens (Somme). L’essentiel des collections de ce musée provient directement du legs que Monsieur Jules François Lombart (1830-1915) fit à la ville de Doullens en 1908. Le chocolatier créa le musée dans le couvent désaffecté des Dames de Louvencourt et dans un bâtiment neuf attenant. Très endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale (les collections furent en parties pillées), le musée fut remis en état vers 1950.

(3)  Aujourd’hui se dresse à son emplacement le lycée Gabriel Fauré.

Victor Rose, Chocolaterie Meunier Lombart. Coll. A.P.-R.

Coll. A.P.-R.

M. Lombard exploite […] deux brevets de son invention pour la fabrication de la tablette à cinq centimeset le refroidissement méthodique du chocolat. Les médailles qu'il a obtenues aux expositions précédentes de Paris, de Vienne, de Marseille et de Philadelphie, sont autant de témoignages en faveur de l'éminent industriel qui, cette année, est élu membre du jury de l'Exposition et, par conséquent, mis hors concours.

Alfred de Vaulabelle

À travers l'exposition, dans le Musée Universel, 1878

L’image de la marque

 

Les cartes postales

 

• Les cris de Paris 1740-1910

 

• Les petits métiers

 

• Les Arts du Feu…

 

• Fabien Fabiano

 

• René Vincent (1879-1936)

 

• Harald

 

• Benjamin Rabier,  série de 6 CPA, Fables de La Fontaine

Les chromos

 

• Ponts de Paris

 

• Ecrivains

 

• Costumes et coiffures

 

• Les petits métiers parisiens

 

Les menus

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.