D

 

dessert

 

Diable, j’oubliais le dessert. Qu’est-ce qu’elle va pouvoir nous faire comme entremets ou comme plat doux, la Tite, une crème au chocolat, une crème renversée, un flan ou une tarte aux prunes ? Mais allons voir ce qu’elle fabrique, la Tire, allons voir ce qu’elle pense de mon menu…

Blaise Cendrars

L’homme foudroyé

 

Enfin, parut le dessert, qui offrit un nombre prodigieux de fruits, malgré la saison, puis les glaces, le chocolat et les liqueurs qui se prirent à table.

Sade

 

Les 120 journées de Sodome…

 

Ils dînaient dans un restaurant à vingt-cinq sous. Salons au premier. Les tables, recouvertes d’une nappe blanche, contiennent six places et semblent avec leurs verres, leurs carafes, leurs huiliers, des tables bien dressées où l’on mange les grands mets des riches : émincé de chevreuil, pommes paille, hachis d’agneau, œufs miroir, îles flottantes au chocolat.

Charles-Louis Philippe

Bubu-de-Montparnasse

 

Mangé à midi trois douzaines d’huîtres, deux œufs pochés, un quartier d’oie, une tranche de filet de bœuf, légume, salade, fromages divers, un entremets au chocolat, un pamplemousse et trois mandarines.

Marcel Aymé

La Carte, dans Le Passe-muraille

 

Ici, le dimanche midi est l’heure du bon poulet et de la bonne tarte partagés en famille. C’est le jour de gloire de Jeannot : les enfants sont présent aux bouts des tables, encore affamés au moment du dessert, parce qu’ils se sont “ gardé de la place ”. Sur d’immenses plateaux d’argent (un mètre de diamètre) les serveurs promènent les merveilles du palais de Dame Tartine : tartes sablées aux fruits rouges, mille-feuilles, pithiviers, gâteaux au chocolat, amandines, flans au citron et à l’orange, choux au praliné, puits d’amour, mousses au café, au chocolat, au cassis, soufflés glacés aux fruits, sorbets à la framboise, à la fraise, à l’ananas… Les compotiers à trois étages sont garnis de dizaines de petits fours frais multicolores et de fruits déguisés.

Fanny Deschamps

Croque-en-bouche

diablotin

 

En serrant vos diablotins j’en ai mieux vu la quantité ; vous ne pouvez vous tenir contre l’envie de donner ; j’en ai pour toute ma vie ; vous savez qu’il me faut peu de choses même que j’aime le mieux.

Lettre de Mme de Maintenon à sa nièce, la comtesse de Caylus, Saint-Cyr, 17 juillet 1716

 

D’après les bruits qui courent dans la rue des Lombards, l’esprit y devient rare, et la cherté des devises doit faire hausser infailliblement le prix des diablotins et des papillotes.

Étienne de Jouy

L’hermite de la Chaussée-d’Antin…

 

Vous, Phryné, dont les vœux mondains

N’ont pour but qu’un grand lucre,

Chassez-moi ces jeunes blondins

Qui n’offrent que du sucré ;

Car lorsqu’on ne voit,

Lorsqu’on ne reçoit

(Ce n’est point une fable)

De ces galantins

Que des diablotins,

On les envoie au diable.

M. Ducray-Duminil

dans Journal des gourmands et des belle ou L’Épicurien Français*

 

*  Les bonbons du Jour de l’An. Air : Mon père étoit pot. T. V, 1807.

 

Après le dîner, vous me donnâtes une devise que vous aviez trouvée dans un diablotin, en disant : “ Tenez, mon petit Victor, voilà une devise qui est bien vraie. ” Moi je la lus aussitôt, et il y avait dessus : 


Ah! que mon destin serait doux 


Si jamais vous étiez mon époux !

Théodore Leclercq

Proverbes dramatiques- Madame Sorbet, I, 1823-1826

 

Le seigneur leva le voile, et les enfans virent avec surprise de beaux carrosses, des chevaux, des cabriolets, des polichinels, des pouparts, des ménages d’argent, et mille autres belles choses qu’ils n’avoient jamais vues de leur vie. Puis des bonbons, des confitures sèches, du sucre d’orge, et toute sorte de friandises ; car le petit monsieur n’avoit garde de manger tout ce qu’on lui donnoit, tant on l’accabloit de bonbons, de pastilles, de diablotins, etc. etc. Il falloit voir les yeux que faisoient Charles, Firmin, et surtout le petit Jean !

Mme de Renneville

Conversations d’une petite fille avec sa poupée

drogue

 

D’ESTRIGAUD. — Quand j’aurai lu mes lettres. (William sort. — D’Estrigaud se met à table, et mange tout en décachetant ses lettres.) Ce n’est pas mon chocolat ordinaire, Quentin.

QUENTIN.— Pardon, monsieur le baron.

D’ESTRIGAUD. — Je vous dis que non. Ce coquin de Coutelard aura changé de fournisseur pour gagner dix sous. Je veux bien qu’il me vole, mais je ne veux pas qu’il liarde. Vous le lui direz. Emportez cette drogue-là.

Émile Augier

La Contagion

distributeur

 

Sa seule préoccupation, de plus en plus obsédante, c’était sa faim qui non seulement s’était ancrée dans sa poitrine, mais dont l’idée s’était installée dans son cerveau, et, quand il vit dans un coin de la salle, près d’une affiche représentant la plage de Royan, une machine verte à distribuer les bonbons, elle devint pour lui le centre du monde.

[…] De sa main libre, il tira de la monnaie de sa poche. Ce n’était pas les pièces qu’il fallait. L’inspecteur, patient, les lui changea contre de la monnaie à lui.

Cela fit toute une scène autour de la machine qui, au début, en effet, refusa de livrer passage au moindre bonbon. Pourtant, elle en était bourrée. On les voyait, en piles de couleurs différentes, derrière des vitres étroites, et l’inspecteur se prit au jeu, essaya une pièce à son tour, y alla d’abord comme avec ruse, puis en force, ébranlant l’appareil à coups de poing et, quand il en tomba un petit chocolat enveloppé de brun, il en fut aussi heureux que son prisonnier ; tous les deux, dès lors, se mirent à pousser les différents bonbons, essayant chaque couleur, chaque essence.

Georges Simenon

Le Temps d’Anaïs

E

 

éclair

 

Jean était faible, un peu malade. Le médecin constata de l’anémie, ordonna du fer, de la viande rouge et de la soupe grasse.

Or, le petit n’aimait que les gâteaux et refusait toute autre nourriture; et le père, désespéré, le bourrait de tartes à la crème et d’éclairs au chocolat.

Guy de Maupassant

Contes du jour et de la nuit

 

Elle était gourmande, refusait parfois l’humble déjeuner de sa mère, — modeste couturière, — pour manger, chez le pâtissier voisin, des éclairs au chocolat et des tartes aux fraises.

Jean Aicard

Notre-Dame-d’Amour

 

Les soldats, il faut que cela mange. Pour cette fois l’Intendance a fourni des vivres à souhait : babas, madeleines, éclairs au café et au chocolat, sirop de groseilles. L’armée dévore.

Anatole France

Filles et garçons

 

— Quand tu jettes sur les œufs, peut-être as-tu vraiment besoin de soufre. La nature réclame. Mais les éclairs au chocolat, laisse-moi rire, c’est pure gourmandise qui te charge l’estomac.

Hervé Bazin

Le Matrimoine

 

Il acheta une tarte aux cerises et tandis que Mme Anglade nouait le paquet, il engloutit deux éclairs au chocolat.

Robert Sabatier

Les noisettes sauvages

 

 

Claes Oldenburg fabrique des nourritures factices. Son atelier est une boutique aux étagères chargées de plats et d’assiettes garnis. Il a fait une machine à écrire molle, des “ éclairs au chocolat et saucisses ”, des bananes, des viandes en tranches ou entières dans un plat.

Hélène Parmelin

L’art et les anartistes

 

[…] Une bande de rigolos, et la table toujours chargée de bonnes choses — […] compote de pommes et figues de Smyrne, bananes aussi grosses qu’une matraque, gâteaux à la cannelle et Streussel Kuchen, gâteaux au chocolat et noix de toute espèce, […] meringues au citron, biscuits à la cuillère, éclairs au chocolat, macarons, millefeuilles à la crème […].

Henry Miller

Printemps

 

C’était une bonne idée pour attirer la jeunesse, dit Mme Deume. Après un troisième éclair au chocolat, Mme Ventradour approuva.

Albert Cohen

Belle du Seigneur

 

Après le goûter (brioches, tarte aux pommes, éclairs au chocolat et au café — j’aime ceux au chocolat — et croissants), papa, maman, M. et Mme Blédurt ont continué à jouer […].

Goscinny & Sempé

Histoires inédites du Petit Nicolas

Église (le chocolat et l’)

 

Un des plaisirs des dames espagnoles, c'est de se donner tour à tour du chocolat. Un jour se rencontrant cinq ou six ensemble, elles trouvèrent le chocolat si bon que l'une de la compagnie dit qu'elle voudrait bien qu'il y eût du péché à en prendre, pour qu'elle le trouvât plus excellent.

Arlequiniana*

 

* Arlequiniana Ou Les Bons Mots, Les Histoires Plaisantes & Agréables Recueillies Des Conversations D'Arlequin, anonyme, Paris, Delaulne et Brunet, 1694. Cité dans Chefs-d’Œuvre des Conteurs Français contemporains de La Fontaine XVIIsiècle, avec une introduction, des notes historiques et littéraires et un index par Charles Louandre, Paris, Charpentier et Cie, Libraires-Éditeurs, 1874.

 

Au lieu du pape qui est l'expression spirituelle de l'idée catholique, prenons un prince qui en soit l'expression virile : quel sera ce prince ? Charles-Albert.

Le roi piémontais n'était pas nommé, mais désigné. Il se montrait déjà italien malgré les deux menaces qui l'avaient retenu si longtemps : « le couteau des carbonari et le chocolat des jésuites. »

Marc-Monnier

L’Italie est-elle la terre des morts ?

 

Je m'agenouille tous les dimanche

Au magasin de bonbons Zerelda Lee

 

En fait avoir Jésus en chocolat

M'apaise dedans

Avoir Jésus en chocolat

Me satisfait

Tom Waits

Chocolate Jesus, chanson

épicerie

 

Ces épiceries n'étant capables que de mettre le feu au corps, les gens sages ne donneront pas dans ces excès, et seront attentifs à n'user jamais de chocolat qu'ils n'en sachent sûrement la composition.

Encyclopédie

épicier

 

Si on a eu soin de peser le Cacao chez l’Epicier, & qu’ensuite on le repese après qu’il est rôti & mondé, on y trouvera environ un sixiéme de déchet, un peu plus, un peu moins, selon la nature & les qualités du Cacao […].

De Quélus

Histoire Naturelle du Cacao

 

Je jouais aux billes à la porte d’un marchand épicier nommé Lebègue qui, pendant ce temps-là, étendait et grattait du chocolat sur un marbre avec un de ces longs couteaux pliants qu’on appelle, je crois, spatules.

Alexandre Dumas

es Mémoires, 1852-1856

 

Ils se firent un ennemi de l’épicier, en lui soutenant qu’il adultérait ses chocolats.

Gustave Flaubert

Bouvard et Pécuchet

 

Les épiciers sont tes seigneurs, ô Paris ! je veux monter au rang d'épicier! je veux te vendre du sucre saturé d'amidon, du café plein de châtaignes torréfiées, de la bougie de suif, du chocolat de fécule, du savon de résine, et les fruits les plus savoureux de la Provence, récoltés dans les vergers de Chaillot !

Paul Féval

Chérie

Espagne

 

Je fus hier au Retiro, cette maison où le roi et la reine sont présentement. […] La jeune fit une légère collation servie à genoux par ses dames, qui ont des noms admirables, et qui ne prétendent pas moins être que des maisons d'Aragon, de Portugal, de Castille, et autres des plus grandes. La reine mère prit du chocolat : le roi ne prit rien.

Lettre de Mme de Villars à Mme de Coulanges, Madrid, 15 décembre 1679

 

Depuis mon entrée en Espagne, je me trouve soumis au régime tout espagnol du chocolat. On m'en donne avant et après le déjeuner, puis à midi, puis après le souper, et je n'oserais pas vous assurer qu'on ne m'en fasse pas prendre à mon insu, même pendant la nuit.

Baron Karol Dembowski

Deux ans en Espagne et en Portugal…, 3 février 1838

 

[…] le père supérieur veillait à ce que rien ne nous manquât, nous servait souvent de ses propres mains, et allait nous chercher, dans les armoires du couvent, les liqueurs, le chocolat, et toutes les petites friandises qui lui restaient du dernier vaisseau arrivé d’Espagne.

Alphonse de Lamartine

Souvenirs…

 

C’est à Bruxelles que l’on consomme le plus de bière, à Stockholm le plus d’eau-de-vie, à Madrid le plus de chocolat, à Amsterdam le plus de genièvre, à Londres le plus de vin, à Constantinople le plus de café, à Paris le plus d’absinthe ; voilà toutes les notions utiles

Victor Hugo

Les Misérables

 

Je n’ai pas la prétention d’avoir fait un voyage en Espagne, et Dieu me garde de m’étendre sur la forme des cacolets, sur la coiffure des femmes, qui portent leurs immenses cheveux nattés en queue ; sur le chocolat du pays, accompagné de “ bolado ” ; je ne répèterai pas toutes les apostrophes tant connues des postillons à leurs mules : “ Anda, chiquita ! andemo picara !”

Nestor Roqueplan

La Vie Parisienne

 

Ayant, comme la cigale, non pas chanté, mais dansé pendant tout l'été de sa vie, la bayadère espagnole […] fut un matin toute surprise de ne point pouvoir se payer une tasse de chocolat. […] Vous ne savez peut-être pas ce que c'est, pour une Espagnole, que de se passer de son chocolat ? Cette privation est la plus cruelle qu'il soit possible de s’imposer. Le café est presque généralement aimé et fêté dans le monde, mais enEspagne, cependant, il cède le pas au chocolat.

Paul de Kock

La Famille Braillard

 

Elle écrivait des lettres au coin de son feu. Elle lui offrit à goûter. C'était du chocolat mousseux à l'espagnole.

— J'ai pris du chocolat l'autre jour, chez ma tante de Bloval, dit René. Il était excellent, mais le vôtre est meilleur !

— Affaire d'optique, mon cher ami ! Mme de Bloval sert le sien dans du Limoges ; moi le mien dans du Sèvres, cadeau de mon noble frère. Oh ! les hommes ! Ils ne s'attachent qu'aux apparences.

Gaspard de Weede

Révolté, dans La Revue Franco-Américaine, Québec, 2ème année, 1909.

 

Au premier matin, alors qu'elle m'apportait sur un plateau la petite tasse pleine de cet exquis chocolate espagnol avec les azucarillos, le pain frais et le verre d'eau glacée coutumiers, j'entrepris donc de la convertir ; ce à quoi elle parut se prêter sans grande répugnance.

Lieutenant-Colonel Péroz

Par vocation - Vie et aventures d’un soldat de fortune 1870-1895

F

 

fabrique

 

[…] cet homme preste, leste, oubliant tout pour ne rien laisser échapper, s’économisant dix commis pour donner aux autres l’exemple de toutes les vertus commerciales, grimpant vingt, trente, cinquante fois dans le jour de la cave au grenier, de son bureau à sa caisse, de ses marchandises à son laboratoire, de son office à son étuve, de son cabinet secret de produits chimiques à sa fabrique de chocolat, à ses clients, partout et à tout le monde. 

Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du dix-neuvième siècle

 

La nuit tombait. Il traversa la grande cour, tourna à droite, longea une maisonnette surmontée d’un long tuyau, devina à l’odeur qu’elle exhalait une fabrique de chocolat et il s’engagea dans une allée d’arbres.

Joris-Karl Huysmans

En Route

falsification

 

Les denrées coloniales étaient si peu dans les habitudes soulangeoises, qu’un étranger qui serait venu demander une tasse de chocolat aurait mis le père Socquard dans un étrange embarras ; néanmoins, il aurait obtenu la nauséabonde bouillie brune que produisent ces tablettes où il entre plus de farine, d’amandes pilées et de cassonade que de sucre et de cacao, vendues à deux sous par les épiciers de village, et fabriquées dans le but de ruiner le commerce de cette denrée espagnole.

Honoré de Balzac

Les paysans : scènes de la vie de campagne

 

Minard acheta du thé, y mêla moitié de thé qui avait servi et séché de nouveau ; puis il pratiqua sur les éléments du chocolat des altérations qui lui permirent de le vendre à bon marché. Ce commerce de denrées coloniales commencé dans le quartier Saint-Marcel fit de Minard un négociant, il eut une usine, et par suite de ses relations, il put aller aux sources des matières premières, il fit honorablement et en grand le commerce qu' il avait d' abord fait avec indélicatesse […].

Honoré de Balzac

Les petits bourgeois

 

La ci-devant première danseuse à la mode suivit donc à Paris M. Cottentin, et s’installa avec lui dans le logement qu’il occupait déjà rue Saint-lIyacinthc-Saint-Michel ; elle trouva que la maison était d’autant plus facile à tenir qu’il n’y avait rien dedans ; mais elle trouva aussi fort mauvais le chocolat que M. Cottcntin lui apporta ; car on fait à Paris des chocolats à tout prix, et l’homme d’affaires avait choisi celui qui coûtait le moins cher, mais dans lequel, à la vérité, les lentilles et les féverolles remplaçaient le cacao.

— Je ne pourrai jamais m’habituer à votre chocolat de France ! disait quelquefois Juanita, il épaissit horriblement et il ne sent pas du tout le cacao.

— Vous vous plaignez que la mariée est trop belle, ma douce amie ! répondait le bachelier es lettres en faisant un sourire railleur, plus le chocolat épaissit et plus il est nourrissant..

— C’est possible, mais le vôtre m’ôte entièrement l’appétit. C’est trop nourrissant.

Paul de Kock

La famille Braillard

 

Vous connaissez le dialogue des deux confiseurs. — Franchement, dit l’un de ces augures, avec quoi, mon cher confrère, fabriquez-vous l’exoptable chocolat qui porte votre nom aux confins de l’Univers ? — Mais avec du sucre, je pense, de la vanille et du cacao. — Eh ! bien, je peux vous le dire, il y a longtemps que toutes ces saletés n’entrent plus chez moi !

Laurent Tailhade

Petit bréviaire de la gourmandise

 

Saboteurs, les fabricants de chocolat à l’huile de palme ou de coco ; de grains de café à l’amidon, à la chicorée et aux glands ; de poivre à la coque d’amandes ou aux grignons d’olives ; de confitures à la glucose ; de gâteaux à la vaseline ; de miel à l’amidon et à la pulpe de châtaigne ; de vinaigre à l’acide sulfurique ; de fromages à la craie ou à la fécule ; de bière aux feuilles de buis, etc., etc.

Émile Pouget

Le Sabotage

fanègue

 

Parmi les productions américaines importées des autres colonies espagnoles à la Vera-Cruz, il y avoit : […] 13,432 fanègues (valeur : 461,845 piastres) de cacao de Tabasco ; 8,141 fanègues (valeur : 2,055 piastres) de cacao de Caracas […].

Alexandre de Humboldt

Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne

 

La culture du cacao, presque abandonnée au Mexique en 1800, faisait la fortune de la côte de Caracas et de Quito, qui exportaient chaque année en Europe 228.000 fanègues d’amandes, valant 182.400.000 réaux.

G. Desdevises du Dezert

L’Espagne de l’ancien régime

fermentation

 

Lorsque la récolte est faite, on enlève l’écorce des fruits, on met dans une cuve les semences avec la pulpe qui les enveloppe, et l’on abandonne le tout à la fermentation qui ne tarde pas à s’établir. On retire alors les semences, et on les met sécher ; c’est le cacao du commerce. La liqueur vineuse qui est restée dans la cuve est agréable à boire, et l’on peut en tirer du rhum par distillation.

Magasin Pittoresque, livraison 14, 1834

 

À Surinam et à Trinidad, les graines de cacao fermentent de 6 à 8 jours ; au Venezuela, on ne les laisse guère fermenter que 24 heures, et à l’Équateur, d’où cependant viennent les meilleurs cacaos, la fermentation n’est pour ainsi dire pas pratiquée : néanmoins, chaque soir, les graines mises à sécher immédiatement après qu’elles ont été extraites des fruits, sont ramassées en tas et couvertes ; il se fait ainsi, chaque nuit, un commencement de fermentation qui est d’autant plus intense que la quantité de graines amoncelées est plus grande.

Aimée Faichère

Culture pratique du cacaoyer et préparation du cacao

fève de cacao

 

Sous le soleil les fèves de cacaoqui sèchent sont comme des braises et sur ces braises dansent les hommes, les retournant pour que le cacao devienne du cacao “ supérieur ” et non du “ good ” ou du “ moyen ”.

Jorge Amado

La Terre aux fruits d’or

 

En contemplant la chocolaterie de l’autre côté de la place, sa superbe vitrine, […] ma bouche se met à saliver au souvenir du parfum qui règne dans cette boutique, un parfum de crème, de marshmallows, de caramel, assorti à l’entêtant mélange du cognac et des fèves de cacao fraîchement moulues.

Joanne Harris

Chocolat

figurine

 

Il nous faut reprendre un peu l’employé ; dire qu’il achète des oranges pailletées, des bonbons qui font meubles, comme vases en sucre, commodes, pelotes, pendules, charges de Dantan en chocolat ; tandis que le surnuméraire galope comme un chat de gouttières, dans les mansardes de grisettes, faisant circuler des pastilles, entr’ouvrant un sac plein de charades étudiées à l’avance et qu’il a l’air de deviner, puis remettant son sac dans sa poche, à la faveur de la méditation générale causée par lesrébus.

Nestor Roqueplan

La vie parisienne

 

Elle ouvrit le sac. Il y avait du pain, beaucoup, beaucoup, toute une miche, du lard, des conserves et du chocolat en petites figurines qui représentaient des poupées, des voitures, des animaux, et puis la bouteille, vide. […] À son insu, je m’amusais parfois à envelopper de chiffons les petites poupées en chocolat et je me désolais de les voir fondre et tacher leurs vêtements improvisés…

Alla Avilova

 Une goutte dans la mer

 

Tout en lisant et en marmonnant à part soi, il [le “ barman ”] croquait des chocolats. Rendant au Consul son verre à nouveau rempli de mescal, il en renversa un peu sur le comptoir. Néanmoins, il continua de lire sans rien essuyer, marmonnant, se bourrant de crânes en chocolat, achetés pour le Jour des Morts, de squelettes de chocolat, de corbillard en, oui, chocolat.

Malcolm Lowry

Au-dessous du volcan

flibuste

 

Il [le cacao] est tant estimé entre les Indiés, voire entre les Espagnols, que c’est un des plus riches, voire plus grands commerces de la neuve Espagne. Car comme c’est un fruict sec qui se garde long temps sans se corrompre, ils en ameinent des navires chargez de la Province de Guatimalla. En l’an passé [vers 1589] un corsaire Anglois brusla au port de Guatulco en la neuve Espagne plus de cent mil charges de Cacao.

Joseph Acosta

Histoire naturelle et morale des Indes…

 

Nous trouvâmes dans le Port de la Conception la Frégate le Louis Erasme, qui nous attendoit pour faire route avec nous ; & le 6 de Janvier 1745 le Lys nous rejoignit dans la Baye, accompagné d’un autre Bâtiment François nommé la Marquise d’Antin, qui étant venu dans ces Mers comme Vaisseau de régître chargé de marchandises d’Europe, s’en retournoit avec une cargaison de Cacao qu’il avoit reçue à Guayaquil. Les quatre Vaisseaux ainsi réunis, préparerent le peu d’artillerie qu’ils portoient afin de se défendre en cas d’attaque […].

Don George Juan et Don Antoine de Ulloa

Voyage historique de l’Amérique méridionale

 

D. Juan

Grand merci, monsieur le résident. J’ai chez moi du chocolat de contrebande qui m’attend, et vous m’excuserez si je le préfère à votre café impérial.

Le résident

Ah ! jeune homme, jeune homme ! se peut-il que vous oubliez le tort irréparable que vous faites au commerce ! Ce chocolat ne vous est-il pas apporté par nos plus cruels ennemis ?

D. Juan

Que m’importe ! pourvu qu’il soit bon.

Le résident

Monsieur, monsieur, le chocolat des tyrans des mers doit toujours paraître détestable à un officier qui a l’honneur de servir sous les drapeaux toujours victorieux de Sa Majesté Impériale.

Prosper Mérimée

Les Espagnols en Danemarck

fondant

J’ai mis des années à comprendre que la neurasthénie et les scrupules de maman étaient une gourmandise refoulée, des grignotements d’âme, une délectation secrète comme quand on monte se coucher avec une boîte de bonbons, des dragées aux amandes ou à la pistache, des fondants au chocolat avec de la crème à la frangipane ou une coulée de kirsch au cœur, des marrons glacés, des caramels qui poissent les draps, des pralines. 

Blaise Cendrars

Bourlinguer

fourré

 

Ils gavèrent le prince de chocolat fourré au gingembre, comblèrent Albertina d’Oranges et de parfums, s’offrirent à eux-mêmes de nombreuses bouteilles de whisky […].

Antoine Blondin

Les enfants du Bon Dieu

 

[…] à l’heure du goûter, l’abbé nous donnait un gros casse-croûte, du pain gris avec du chocolat fourré, le chocolat de l’occupation avec une pâte blanche au milieu, un peu gluante et vaguement sucrée.

Joseph Joffo

Un sac de billes, 1973

 

— Là vous avez les bonbons fourrés à la crème, à la liqueur, et aux fruits ; là derrière… Oh ! Pardon !… Ah ! C’est encore toi ! Mais tu es toujours dans mes jambes !… Là, ce sont des tablettes… Enfin, vous pouvez goûter.

» C’était vraiment terrible, on a mangé des tas de choses formidables ; c’était sucré, ça fondait, c’était bon, et quand je serai grand je travaillerai dans une fabrique de chocolat.

Goscinny & Sempé

Histoires inédites du Petit Nicolas, « On a visité le chocolat », 2006

 

G

 

gâteau

 

Mais quelquefois au lieu d’aller dans une ferme, nous montions jusqu’au haut de la falaise, et une fois arrivés et assis sur l’herbe, nous défaisions notre paquet de sandwiches et de gâteaux. Mes amies préféraient les sandwiches et s’étonnaient de me voir manger seulement un gâteau au chocolat gothiquement historié de sucre ou une tarte à l’abricot. C’est qu’avec les sandwiches au chester et à la salade, nourriture ignorante et nouvelle, je n’avais rien à dire. Mais les gâteaux étaient instruits, les tartes étaient bavardes. Il y avait dans les premiers des fadeurs de crème et dans les secondes des fraîcheurs de fruits qui en savaient long sur Combray, sur Gilberte, non seulement la Gilberte de Combray, mais celle de Paris aux goûters de qui je les avais trouvés.

Marcel Proust

À l’ombre des jeunes filles en fleurs

 

En hiver, nous buvions du cacao après la représentation, en été du jus d’orange et du citron pressé. Mais, été comme hiver, les gâteaux étaient les mêmes. C’est Lucille, la cuisinière que nous avions alors, qui les préparait. Jamais plus je n’en ai mangé d’aussi bons. Le secret de leur réussite tenait, je crois, au fait qu’ils étaient ratés. C’étaient des gâteaux au chocolat et aux raisins qui ne levaient pas, qui ne s’arrondissaient pas, en cuisant, comme des chapeaux. Ils restaient plats, humides, lourds de raisins. Le charme de ces gâteaux était entièrement dû au hasard.

Carson Mc Cullers

Mademoiselle, septembre 1948

glace

 

La mer, à coups de lames s’en taillait chaque hiver, une tranche, comme on découpe — à coups de pelle, au dessert — une glace au chocolat. Si bien que la villa restait suspendue sur le bord de l’abîme, volets clos, comme une personne qui ferme les yeux pour ne pas se voir rouler dans le trou.

Jean & C… Gaument

Contes normands

I

 

Italie

 

Le chocolat est bon, mais je désirerais un peu plus de vanille ; le coin est excellent ; quand au pain pepati, que M. Fabre (qui vous présente ses hommages) a mangé à votre honneur (sic), je vous dirai que j’en aurais voulu qu’on nomme tutto sucaro, comme uno spesio [sic] de massepins. Je n’en ai jamais vu qu’un à Florence : Carletti m’en a parlé une fois. Il doit être cher parce qu’il est fait de sucre d’amandes et de cédrats.

Comtesse d’Albany

Lettre à Teresa Regoli Mocenni, 28 novembre 1797

 

J’ai reçu samedi, ma chère Thérèse, le chocolat que vous m’avez envoyé, qui est bon et d’un excellent goût. Il serait aussi bon que celui de Livourne s’il était plus travaillé et plus pastoso in bocca : qui vient de n’être pas assez broyé, car le goût est excellent. Je vous en remercie infiniment.

 

Comtesse d’Albany

Lettre à Teresa Regoli Mocenni, 17 avril 1798

 

Je goûte dans cette captivité, dans cette solitude absolue, des plaisirs que je ne connaissais pas. Ce matin, je regardais au-dessous de moi, par les balustrades de ma terrasse, les enfants de la ferme jouer sur la grande terrasse aux girouettes (le terrazzone), dont l’enceinte ne fait pas partie de mon domaine. J’écoutais leurs discours, et je me plaisais à l’emphase toute romaine avec laquelle un petit garçon maigre à figure de singe racontait qu’une fois en sa vie il avait mangé le cioccolata chez le curé de Monte-Porzio. L’histoire de ce chocolat ne finissait pas, et, pour en raviver le doux souvenir, il invitait ses camarades à en prendre fictivement dans des coquilles que l’on arrangeait en dînettes ur une grande ardoise. Il imitait alors les manières accortes et majestueuses du curé, et pendant une grande heure, au milieu d’un bavardage impossible à suivre, j’entendais le mot de cioccolata revenir avec une intonation de volupté indéfinissable, les autres marmots savourant, en imagination, cette ambroisie inconnue, vantée par leur camarade.

George Sand

La Daniella

 

Quand je prends une tasse de chocolat, je suis à Naples, au Café de l’Europe, au coin de la grande place du Palais. Il est midi. Il fait du soleil et je vois le joli garçon frisé et leste qui nous servait. Des musiques militaires éclatent. Les pantalons rouges de la garde montante passent dans les fanfares allant au Palais et je vois au comptoir le gros capucin causant accoudé, sa grosse corde autour des reins, avec la grosse femme du comptoir, roulant ses yeux diablement noirs.

Jules Goncourt*

Journal, 3 avril 1857

* L’écrivain évoque le voyage en Italie qu’il fit en 1855-1856.

 

[…] le 28 juillet 1745, s’ouvre, chez le marchand de bonbons, un compte de chocolats (chocolat), — savonna (gâteau de Savoie ?), — crostinithe, sorbetti, caffe, — biscotini da dame (biscotins pour les dames), etc… Or, qu’est-ce que cette consommation inusitée de friandises, sinon les soins obligés d’un prétendant qui fait sa cour ?

Léon Lagrange

Joseph Vernet, sa vie, sa famille, son siècle