Vanuatu

 

 

Cet archipel océanien (anc. Nouvelles-Hébrides) de quatre-vingt trois îles, situé dans le Pacifique sud, est doté d’un sol volcanique peu profond, mais riche. Disposant de peu de ressources naturelles, il cherche à développer ses cultures commerciales traditionnelles, dont le cacao. Celui-ci bénéficie là d’un climat subtropical idéal en dépit de cyclones assez fréquents, qui perturbent son cycle de production.

1965

La cacaoculture y débuta en 1885, et fut initialement développée par les planteurs français dans les îles du Nord. La première exportation de cacao se fit en 1910. On y trouve en majorité des cacaoyers de type amelonado. Avant et après l’indépendance du pays (1980), cette culture, surtout concentrée dans les régions de Sanma, Penama et Malampa. n’a cessé d’être considérée comme une des priorités agricoles. Elle a fait l’objet de programmes financés par la coopération australienne, française et européenne. Aux fins d’améliorer la qualité du cacao, un premier projet de développement fut mis en place en 1979 par la FAO et l’UNDP et fonctionna jusqu’en 1986 ; une seconde phase intervint de 1992 à 1995. Créé en 1982 sur l’île d’Esperitu Santo, l’Institut de Recherches du Café et du Cacao (IRCC), géré en partenariat par le Vanuatu et le CIRAD, a pour objectifs l’amélioration et la diversification des productions agricoles du Vanuatu dans les domaines de la culture du cacao et du café, ainsi que l’expérimentation des possibilités de cultures associées. L’IRCC fournit des semences et des boutures et intervient pour la conduite et l’interprétation des essais agronomiques ; l’Institut assure également l’appui technique aux projets existants au Vanuatu, ainsi que des missions d’expertise au niveau de la région. En 1984, le Vanuatu Commodities Marketing Board (VCMB) prit en mains le commerce du cacao et en fixa le prix suivant trois grades ; il est chargé de réguler ce négoce. De 2002 à 2007, le Projet d’Organisation des Producteurs Agricoles pour la Commercialisation Associative (POPACA), projet européen hébergé par le département de l’Agriculture, concerna les zones de Malekula, Santo, Malo et Ambae, avec la création de dix-sept coopératives et la participation de quelque 1 500 membres. Fondée en 2005, la Cocoa Growers Association (CGA), organisation sans but lucratif, assiste les planteurs de certaines îles (Malekula, Malo, etc.) en regroupant leurs ventes. Créée en 2007, la Vanuatu organic cocoa growers association (VOCGA), fédération des producteurs de cacao biologique, a lancé un programme bio-équitable sur l’île de Malekula. Ce projet, visant à impliquer des petites et moyennes exploitations dans le développement durable, réunit aujourd’hui 23 coopératives, regroupant 19 centres de transformations post-récolte du cacao (fermentation et séchage), qui font vivre 1 250 familles de planteurs.

La production sur les vingt dernières années a fluctué entre 300 et 1 000 tonnes. La relance de cette culture fait partie des priorités du gouvernement. En 2007, 22 153 hectares de cacaoyers furent recensés dans tout l’archipel — contre 302 hectares en 1910 —, plus de la moitié des arbres (55 %) étant âgés de plus de vingt ans. Un Cocoa Development Program (CCDP) 2010-2014, mis en place par le Ministère de l’Agriculture sur les îles de Malekula, Santo, Ambae, Malo et Epi, notamment, s’est fixé pour objectifs : de porter la production de 1 000 à 2 000 tonnes ; d’améliorer la qualité du cacao par la réhabilitation des plantations, l’apport d’une assistance technique, etc. ; d’établir une Appellation d’Origine Contrôlée Vanuatu ; de favoriser le développement durable ; de structurer la filière cacao.

Des quatre exportateurs qui dominent le marché local (VCCE, Valele Trust, Kaoka et Pura Foods), le fabricant français de chocolat biologique Kaoka exporte vers la France, les trois autres commercialisant le cacao via Holland Commodities Company sur le marché de Singapour d’où il est redirigé vers la Malaisie, vraisemblablement destiné à la transformation (beurre, poudre).

 

La production du Vanuatu s’est élevée à : 663 t (1960-1961), 696 t (1964-1965), 300 t (1970-1971), 700 t (1974-1975), 868 t (1980-1981), 982 t (1984-1985), 2 174 t (1990-1991), 1 778 t (1994-1995), 799 t (2000-2001), 926 t (2004-2005), 120 t (2010-2011).

Le cacao du Vanuatu

 

Il est doux et fruité. Il est souvent utilisé dans des barres de chocolat de 70 % de cacao, associé aux cacaos de São Tomé et Príncipe et d’Équateur.