Chocolaterie impériale

(France)

 

Cette ancienne chocolaterie fute créée en 1842 par C. Choquart. Son usine à vapeur était établie au 15 rue du Marché, à Neuilly (Seine), et son siège au 182 rue de Rivoli, en face du palais des Tuileries, à Paris.

Dans son essai Aux consommateurs de Chocolat et de Thé, Histoire de ces deux aliments, leurs propriétés hygiéniques, leur fabrication et leur commerce ; Recettes les meilleures pour les préparer(Paris, 1867), son fondateur explique sa politique chocolatière : « Les matières premières ont toujours été le sujet approfondi de mes études et leur choix ma préoccupation constante. Les meilleures sortes de cacao entrent dans mon usine, le caraque surtout. Le chocolat impérial doit en partie sa réputation au soin que je mets à n'y faire entrer que le plus fin et le plus pur ; la vanille du Mexique en quantité discrète  et le sucre de canne raffiné s'y mêlent seuls. » Pour ce qui est du sucre, il précise : « Le meilleur Martinique, raffiné avec le plus grand soin et pulvérisé sous la meule de granit, peut être seul uni au cacao et à la vanille ; en combattant leur amertume, il aide à développer la finesse de leurs aromes. » La fabrique fit des « bonbons de chocolat », alors négligés, sa grande spécialité et accéda rapidement au premier rang de ce secteur délicat. Ces friandises à « manger à la main », consistaient en « des chocolats très-fins et très-fondants divisés en petites tablettes et se conservant très-bien dans de petites bonbonnières. »

Dès 1849, une médaille fut décernée à cette firme lors de l'Exposition de l'Industrie. De même, en 1851, celle-ci fut récompensée d'une médaille dans le cadre de l'Exposition Universelle de Londres, ce qui lui valut d'être brevetée seul fournisseur de l'Empereur Napoléon III. D'autres distinctions allaient suivre, à Paris (1855), à Londres (1862), à Paris (1889), etc. Les bonbons de cette maison figuraient donc parmi les desserts impériaux. Le Chocolat Impérial avait la faveur de l'impératrice, qui, dit-on, le préférait aux chocolats espagnols. En outre, comme le rapporte Choquart, « le jour de Solférino, quelques tablettes de Chocolat Impérial nourrirent seules l'Empereur ».

Au début du XXsiècle, les bouchées Choquart constituaient le produit phare. Un détail intéressant : en 1929, la maison Choquart fut assignée en justice pour contrefaçon artistique par le dessinateur Giot, auteur de l'emblème des cigarettes Gitanes. De fait,  elle commercialisait « des étuis d'un aspect semblable à ceux des cigarettes Gitanes et Élégantes contenant des cigarettes Gitanes et Élégantes en chocolat et sur lesquelles figure un dessin en noir et couleurs reproduisant presque exactement sa composition, toutefois inversée, et comportant spécialement pour les Gitanes l'addition de castagnettes. »*

 

* Recueil de la Gazette des tribunaux : Journal de Jurisprudence et des Débats judiciaires, premier semestre 1931, Paris.

La publicité

 

Cette chocolaterie a édité de nombreuses chromos et cartes postales publicitaires. Une affiche de 1894 est restée célèbre : un garçonnet attablé devant son chocolat et horrifié de voir sa sœur (qui ressemble beaucoup à la fillette Menier) lui prendre son bol pour y boire avec une avide gourmandise.

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